Sonnet sur l’exil

Et puisque nous sommes de naissance exilés
Suspendus par la soif aux fontaines taries
Sans mots devant les arbres qu’un rayon nourrit
Assez pour toucher ciel et s’y enraciner

Et puisque nous roulons nos manques et nos peines
Pierres sur lesquelles aucun dieu ne construit
Sa maison éternelle, et qu’à goûter les fruits
Du Jardin maternel nos faims resteront vaines

Suivons en hirondelles l’été qui s’enfuit
Passons comme nuages promesse de pluie.
Jour après jour levant notre incertain bivouac

Marchons loin du Royaume en semant au hasard
Les chansons de l’Exil. Et quand viendra le soir
Fendant les vives-eaux montons vers notre Pâque

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