Fleur

A Hana

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Le long de la Seine
Les pavés dansants
Sous le pas des retrouvailles

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Une brume grise et humide baignait les Tuileries ce matin. Sous la verrière du petit café, nous quatre devant nos tasses fumantes, à plaisanter. Quand nous sommes descendus sur les quais, le fleuve s’est vêtu de reflets. Le printemps sur nous tout à coup, tu as eu chaud, nous avons ouvert nos manteaux.
Nous avons longé la Seine cuirassée de lumière, passé le Pont Neuf, et nous nous sommes tenus à la poupe de l’Ile. Le paysage était voilé de l’éveil d’un saule pleureur, souple, vert, ton jumeau.
Place Dauphine, nous avons mangé ensemble dans une flaque de soleil. On répétait : It’s a nice day, et tout était sourire. Le couple qui buvait un verre de vin deux tables plus loin souriait lui aussi. La pensée familière ne m’est pas venue qu’il est indécent d’être heureux malgré l’état du monde.
J’écris un texte où tu es un peu, beaucoup, je te regarde grandir de loin, et je ne sais plus si mon émotion vient de toi, du printemps ou du long labeur de l’écriture. Le bonheur ce matin est entier, et tu fleuris.

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