Ville

I

Étrangler
De larges avenues en étroites saignées
Est affaire de murs et d’un peu d’arrogance
(Le ciel n’est pas plus près
Ni le salut moins loin)

II

Gratte-ciels
Vertiges de façade
Forêts trop avides oppressant de leur hâte
Un vague jour exsangue de fond de ravin
(Non, nulle saison)

Têtues les ombres rampent
De coins en appentis, d’absences en oubli
Embrasures de crimes
Moites comme fuiraient des regards compromis

Et bien que par millions, les fenêtres ne voient
Rien
Electricécité : fracassés en plein vol
Des oiseaux ensanglantent le porche des rêves

Mais que revienne comme
Elle l’avait promis
Velours rendu aux nuits
Cette fille que j’aime

Dans la ville figée son pas fera vibrer
Le chant des clairs sommets
Où se lève le jour

Ainsi, au premier pas
(Les ombres se terrent dans leurs flaques d’effroi)
Au premier pas éclot
La Fleur Soleil Levant

Au second pas, la rue
Se laisse traverser
C’est dans ses eaux mêlées
Une rivière en joie prise au gué d’un rayon

Sur l’asphalte luisant de toutes ses écailles
Frémissent les sept ciels
Etages de nuages gorgés de clarté
Espiègles caravelles

Le vent s’en vient folâtre
Souffleter les fenêtres
Peuple de paupières
Jusqu’au décillement

Que s’ébrouent les remparts !
Que se dresse le jour avec ses blanches lames !

Déployant leurs couleurs cette tour et puis l’autre
S’en vont gagner le large
Puis celle-ci, puis celle-là, et tous
A pieds, à roues, à tire d’ailes et de cris
Tous nous prenons le vent

Devant nous marche
Hana
Légère et dense
Comme dansent les sternes à la pointe des airs
En équilibre sur la courbe de la terre

Sous son pas se délie
L’envergure des vagues

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