Garden miscellaneous (2)

Une matinée bien employée pour une grenouille de ma sorte consiste à  :

– Déposer les enfants à l’école.
– Avaler en vitesse quelque chose et vérifier que les quinze livres sterling économisées sont toujours dans le portefeuille.
– Se ruer en ville aussi vite que le permettent des talons un chouïa trop ambitieux pour trouver, au milieu du marché de Saint George’s Street, l’étal de plantes. Le choix est un peu moins alléchant que la semaine dernière, mais il reste de quoi se satisfaire, quelques incontournables des jardins anglais. Deux delphiniums violet foncé, un autre bleu (foncé aussi), un phlox paniculata Mike’s Choice qui fera pendant à mon phlox paniculata Mount Fuji, et trois petits pots de cosmos sonata blancs dans les bras, rentrer à toute vitesse, manquer se rompre la cheville.
– Sortir de la cabane à outils la pelle, constater qu’on n’a pas assez de force pour l’enfoncer dans l’argile, se saisir de la truelle mieux aiguisée et se lancer dans une réduction mesurée de la “pelouse”, meilleure solution pour planter davantage quand l’espace se fait désirer.
– Feindre d’avoir oublié qu’on avait décidé de laisser aux iris de Hollande jusqu’à mi-mai pour fleurir, ou plutôt écouter son instinct et son expérience, lesquels savent que ces bulbes ne fleuriront plus (they don’t earn their keep, comme on dit ici), et enfoncer la fourche avec délice. Empiler le tout sur les bouts de “pelouse”.
– Dégager du parterre les autres plantes (Coreopsis Early Sunrise, Penstemon Phoenix quelque chose, ciboulette, polémoine bleue), afin de les réorganiser, mais sans oser toucher les agapanthes, parce qu’elles sont bien capables de vous le faire payer- en somme, parce qu’on les craint (on connaît sa place dans la hiérarchie du jardin).
– Verser un petit sac de 20 litres de compost sur le tout, demander pardon aux lombrics que la fourche blessera, et planter ou replanter tout son petit monde.
– Se réjouir, se féliciter, sauter à cloche-pied, et considérer avec reconnaissance l’amoncellement de nuages sombres qui menace pluie.

Avant

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Après

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Vous me direz qu’à première vue, la différence ne justifie pas un tel débordement d’autosatisfaction, et je reconnais volontiers que ce n’est pas Versailles, mais vous verrez que cet été, ce sera bien joli.

Au passage, saluer les narcisses Sir Winston Churchill, qui sentent si bons, et puis les tulipes Groenland (ce sont les roses et vertes), compagnes des Spring Green tant aimées.

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