Si

Sur la soie de ta peau sous tes iris de lierre
Transhume un flot d’étoiles
Si j’afferle une voile
Et déploie son appel au mât de mes prières

Conduira-t-il ma course au havre des désirs
Et si sur ma boussole
L’aiguille en vain s’affole
Auras-tu l’impatience de me secourir

La mer est écheveau de rêves solitaires
Et si à trop sonder
J’éteins l’éternité
Regarde-moi sombrer docile comme pierre

Mais je vogue sans ancre et mon amour aptère
A dépouillé l’espoir.
Me voici pour un soir
Sur la foi d’une peau et de deux iris verts

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Sur le jonc

Qu’ici grâces soient rendues
à l’humilité du jonc
oriflamme des marges
oblique trait d’union
par qui s’épousent l’eau
et le vent

Souple sans langueur
effilé sans être acerbe
sachant plier comme fendre
flûte ténue où la bise
à la cime du courroux
susurre à peine

Omis dans la comparaison
pâle dans le souvenir
subtil comme la lisière
entre sagesse et faiblesse
sans fleur ni fruit de prix
accessoire

Et cependant

Comme l’encre déclive
sur la voyelle accomplie
il est l’accent magicien
qui sans titre de gloire
d’un paysage de passage
fait une estampe