Je lis

Je lis
les poèmes d’une amie
dans le petit matin gris

sur la couverture
deux saules bleus se penchent

sous l’arche de leurs pleurs
feinte de pluie d’été
une lumière vive passe une barrière

derrière
certainement, un champ
un alpage un pâtis
un invisible pré toute aile déployée
une preuve du vent

le petit matin gris
épouse le papier, parfait baiser
d’une pâleur à l’autre
pulpe à pulpe, velours

consentement de mots
qui racontent l’amour
ainsi qu’à mon amie
il vint faire visite

(la porte était ouverte et la pluie avenante
mais je sais bien qu’il en allait surtout
de ses yeux aux racines liquides
ses yeux frères des saules)

 


En lisant Vingt-Sept Degrés d’Amour, de Chloé Landriot, aux éditions Le Citron Gare. Pour le commander : ici.

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