Perdre

A telle heure trépassée L'éblouissement Au destin m'a dérobée Interroger la perte : voir resurgir l'âpreté de grandir c'était t'en souviens-tu laisser en soi le temps creuser le lit de nuits avides la sculpture du vide modeler monacal le volume d'absence dont la forme en chacun intimement dessine le contour(nement) cru de ses propres carences … Continue reading Perdre

Ce que sème l’hirondelle

Joséphine Lanesem a lu mon roman encore inédit et a la gentillesse d’en parler dans son blog. Elle a évoqué la première les “lecteurs voyants, poètes de leur lecture, qui créent autant que les écrivains qu’ils lisent, bien qu’autre chose qu’eux”.

C’est avec reconnaissance et une joie toute ronde que je reçois ce témoignage de sa lecture voyante, grâce à laquelle mes personnages poursuivent leur chemin.

Nervures et Entailles

Un livre présage, l’écho d’une révélation à venir, encore confidentiel, un oiseau qu’on se passe sous le manteau. Il lui manque un éditeur. Pour vous le procurer, vous pouvez vous adresser à son auteur : Quyên Lavan. Vous devrez passer quelques épreuves dont je ne peux vous révéler la teneur. Elle tentera, entre autres, de vous décourager en vous disant que c’est trop long (335 pages), que le début est lent et ce passage-là mal démêlé. Il ne faut surtout pas l’écouter.
L’histoire se consacre aux personnages secondaires, à leur grâce particulière d’effacement et d’écoute, à leur solidarité qui fait tenir le monde : « c’est la place du second qui s’avère nécessaire et d’une valeur intrinsèque ; l’émotion se joue dans la relation entre les personnages, la reconnaissance dans toutes ses acceptions, l’interdépendance ».
Le héros, Frankie, est absent ; et tous tournent autour de cette absence, interrogent ce manque, François surtout qui…

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Valdrada

Une nouvelle traduction d’un extrait des Villes Invisibles d’Italo Calvino par Joséphine Lanesem. Prêtez-vous au jeu de réflexions…

Nervures et Entailles

Les anciens construisirent Valdrada sur les rives d’un lac avec des maisons toutes en vérandas, les unes au-dessus des autres, et des rues hautes dont les balcons à balustrade donnent sur l’eau. Ainsi le voyageur en arrivant voit deux villes : l’une s’élève au-dessus du lac, l’autre s’y reflète tête en bas. Rien n’existe ou n’arrive dans une Valdrada que l’autre Valdrada ne répète, car la ville a été construite de telle sorte qu’en chaque point elle se reflète dans son miroir, et la Vadrada d’en bas, dans l’eau, contient non seulement toutes les stries et saillies des façades qui s’élèvent au-dessus du lac, mais aussi l’intérieur des pièces avec leur plafond et leur plancher, la perspective des couloirs, les miroirs des armoires.
Les habitants de Valdrada savent que tous leurs actes sont à la fois un acte et son image spéculaire, à qui appartient la dignité propre aux images, et…

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Armilla

Un autre extrait des Villes Invisibles d’Italo Calvino, lu et traduit par Joséphine Lanesem. Cette fois, c’est la ville d’Armilla, et si vous avez besoin de beauté et de légèreté, ce texte est pour vous ! Merci encore à Joséphine !

Nervures et Entailles

Là où je voudrais vivre (et où peut-être je vis déjà)

Qu’Armilla soit ainsi parce qu’inachevée ou démolie, qu’il y ait à son origine un sortilège ou seulement un caprice, je l’ignore. Le fait est qu’elle n’a ni murs, ni plafonds, ni planchers : elle n’a rien qui la fasse ressembler à une ville, excepté les canalisations de l’eau, qui montent à la verticale là où devraient être les maisons et se ramifient là où devraient être les étages : une forêt de tuyaux qui se terminent en robinets, douches, siphons, déversoirs. Contre le ciel resplendit le blanc de quelque lavabo ou baignoire ou autre faïence, comme des fruits tardifs restés accrochés aux branches. On dirait que les plombiers ont terminé leur travail et sont partis avant l’arrivée des maçons ; ou que leurs installations, indestructibles, ont résisté à une catastrophe, tremblement de terre ou corrosion des termites.
Abandonnée avant ou après avoir été…

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Isidora

Voici, venant du blog Nervures et Entailles, une lecture par Joséphine Lanesem du texte d’Italo Calvino mentionné dans mon billet précédent, avec sa traduction. Je ne sais ce qui me saisit davantage, de la musicalité de la voix ou de la fidélité de la traduction. Merci à Joséphine !

Nervures et Entailles

À l’homme qui chevauche longuement sur les terres sauvages vient le désir d’une ville. Il arrive finalement à Isidora, ville où les immeubles ont des escaliers en colimaçon incrustés de coquillages marins, où l’on fabrique selon les règles de l’art longues-vues et violons, où l’étranger qui hésite entre deux femmes en rencontre toujours une troisième, où les combats de coqs dégénèrent en rixes sanglantes entre les parieurs. À tout cela il pensait quand il désirait une ville. Isidora est donc la ville de ses rêves : avec une différence. La ville rêvée l’entourait jeune ; à Isidora il arrive à un âge avancé. Sur la place il y a le muret des vieux qui regardent passer la jeunesse ; lui est assis parmi eux, à la file. Les désirs sont déjà des souvenirs.

*

All’uomo che cavalcava lungamente per terreni selvatici viene desiderio d’una città. Finalmente giunge a Isidora, città dove i palazzi hanno…

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