The path of the unknown

Thus
you go shrouded in mystery
– oh return of the morning mist –
walking the path of loneliness
under your steps shutting the world’s
voices

(and I know
the quality of your silence
colour, shiver and density
resonating and swathing me
like a surging forgotten
lullaby)

If peace
is awaiting you somewhere, then
beyond the line of ended times
and only then. Burning away
tears of determination slice
the space

Raven
walking the path of the unknown
come blood or fire, for long alone
do not stumble, do not delay
under your steps hope is coming
to light

Tu n’es pas dans le pouvoir de tes yeux

Tu n’es pas dans le pouvoir de tes yeux
créateurs de mondes où s’abîment les confiants
ni sous l’illusion tissée par tes doigts
occupés au linceul des ennemis

mais dans l’écartèlement des ailes
au-dedans de ta poitrine
corbeau cloué pourtant prêt à l’envol
sur la croix du renoncement

Tu n’es pas sous la cape de nuit
où filent les nuages de la colère
ni dans le nom exécré par mille bouches
légende d’une nuit meurtrière

mais assis de l’autre côté
sans espoir de rédemption
englouti et muet
aucun dieu ne t’attend

pourtant c’est bien l’amour
et c’est bien l’espérance
don sans retour
et transcendance

 

Itachi, 100 – Solal, 0

Pendant que le monde fait rage, je lis Naruto, de nouveau. Comme je ne me souviens jamais de l’endroit où je me suis arrêtée l’année précédente, je reprends au hasard. Je lis des shonen par élans, une fois par an en général. Je me lance dans un marathon de chapitres enfilés frénétiquement jusqu’au dernier disponible, et puis je laisse reposer pendant un an, plus ou moins. Ca me prend comme ça, j’ai une envie grandissante de Naruto, ou de Bleach, pas parce que je pense que ce sont les meilleures oeuvres (évidemment !), mais parce que ce sont les titres que je lisais en France, et dont la publication s’est poursuivie.

Je lis, je grince des dents au contact de traductions hâtives qui n’ont ni queue ni tête, je m’esquinte les yeux à tenter de déchiffrer la densité des scènes de bataille. J’ai mal au dos mais je ne décolle pas de mon inconfortable chaise. Mon coeur bat, ma gorge se serre, mon flot sanguin s’accélère, quelque chose ressuscite en moi. J’ai 13 ans, la chape du quotidien me glisse des paupières, mon coeur se gonfle. Il y a des ennemis sadiques, des martyrs, des saints, de faux forts, de faux faibles, il y a, certes, beaucoup de violence justifiée, les méchants finissent par ramasser ce qu’ils méritent, et vive la bagarre au nom de la paix – ce n’est qu’une BD.

Itachi Uchiwa, abîmé dans la ténèbre du sacrifice d’amour, se dresse magnifique comme une tour couronnée de corbeaux au sommet d’une montagne ; le Démon-Renard emplit le ciel de l’insoutenable éclat d’une étoile naissante ; la guerre fracasse le paysage d’un horizon à l’autre ; tout le monde souffre et se tend d’un même souffle, et, renversant les destinées, le simplet Naruto sauve le monde parce qu’il ne peut concevoir le mal. Ca fait du bien !

Et me voilà, à un âge plus que raisonnable, me demandant comment les liens de l’amitié pourront se renouer entre Naruto et Sasuke tandis que, précédée de ma poussette, je cherche un tapis de bain anti-dérapant chez Boots. Et me voilà, chargée de yaourts et de lingettes, tanguant dans la rue parmi les visages de personnages pour gamins de 12 ans, le coeur emporté, le pas enthousiaste, me récitant leurs noms. Il y a probablement des tares dont l’âge ne nous guérit pas. Tant mieux !

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En même temps, je relis Le Silence de la mer, que j’aime ; je n’arrive pas à terminer Frankenstein, que je trouve affligeant, et je continue Belle du seigneur, qui me semble être une comédie très réussie, mais une histoire d’amour peu engageante et assez lamentable. Je suis un peu déçue, comme plusieurs personnes dignes de confiance m’avaient dit le plus grand bien de ce roman – je dois dire que je le lis avec plaisir, et hâte de connaître la chute, mais sans émerveillement. Heureusement, il y a Naruto. A défaut de pouvoir aimer Solal, je peux admirer sans fin Itachi et fantasmer tout mon soûl. 😉

Shonen

C’est la quatrième fois que j’essaie de publier ce fichu post, et que Firefox ou WordPress me laissent tomber. Il n’y a pas de mot capable de décrire l’état d’irritation dans lequel je suis. Perdre sa matinée pour un post de blog qui ne sert à rien, c’est la haine. Tout ça à cause des images. Pour les voir en plus grand, cliquez dessus, que je ne me sois pas crevée pour rien. Bon, je me calme.

C’est la fin de l’année, et tout le monde autour de moi semble débordé. Les parents de mes élèves du samedi courent dans tous les sens, de spectacle de fin d’année en concours de piano, de fête d’anniversaire en compétition de sport. En revanche, je me demande bien par quel mystère je me trouve, moi dont les enfants ne vont pas encore à l’école et ne sont pas invités à 36 birthday parties, également en train de courir après le temps.

Ah si. Réflexion faite, il n’y a aucun mystère là derrière. Je viens de lire un paquet de chapitres de Bleach…

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… suivi d’un paquet de chapitres de Naruto.

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Donc forcément. Bon, eh bien puisque nous y sommes, allons-y…

Je suis une lectrice de Naruto et de Bleach. Ce n’est pas que je tolère les mangas shonen quand je n’ai rien de mieux à faire, ou qu’en les feuilletant je veuille en savoir davantage sur les moeurs des ado, non. Je les aime.

Oui, j’ai treize ans et demi et je savoure les grands sentiments chevaleresques, les déclarations grandiloquentes, les batailles où les gentils ressuscitent, les moments où les méchants qui me déplaisent s’en prennent plein la tronche, et plus encore ceux où les méchants se révèlent être en fait des gentils que la vie a maltraités. Je dis les méchants qui me déplaisent, car j’ai la plupart du temps une prédilection pour les méchants, pourvu, bien entendu, qu’ils aient la classe, ce qui est assez souvent le cas dans les mangas.

Tout a commencé il y a longtemps avec Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque).

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A vrai dire, j’ai choisi d’étudier le grec à cause de la série, et je n’étais pas la seule, à en croire les collègues qui fréquentaient l’IUFM avec moi !

Je ne m’attarderai pas sur les raisons plutôt évidentes de l’immense succès du genre. Dessin efficace, souffle épique,  personnages attachants bien que peu complexes, débauche de bons sentiments mêlés à suffisamment d’humour pour éviter la nausée (tout juste), combinaison d’une structure répétitive et prévisible et de quelques coups de théâtre fracassants, format par épisodes qui permet au lecteur de développer un attachement durable à l’univers décrit, etc. Bon, pour être honnête, on oublie rarement, à la lecture, que ces mangas sont destinés à des gamins de 13 ans. Et pourtant.

Je suis une fan de Bleach. Si mon mari était moins sensé, je couvrirais les murs de posters représentant les capitaines Byakuya Kuchiki…

Kuchiki Byakuya

… et Gin Ichimaru.

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J’aime la qualité anguleuse des dessins de Tite Kubo, l’énergie incroyable qui émane de ses scènes de bataille, le style des costumes et l’expression des regards. La qualité esthétique des dessins est pour une grande part dans le plaisir que je prends à m’immerger dans le monde d’Ichigo. (D’ailleurs, quand ma soeur et moi, nous regardons l’épisode de Bleach où l’on apprend que Rukia va être adoptée dans la famille noble des Kuchiki, je ne suis pas la seule à me raidir sur ma chaise au moment où Byakuya – la classe absolue – croise sans le voir le pauvre Renji, terrassé par la vision d’une supériorite devant laquelle il ne peut que plier et renoncer. Sans vouloir balancer, cela dit…).

Je suis une fan de Naruto. L’événement de l’année 2007 a été pour moi la mort d’Itachi Uchiwa.

Uchiwa Itachi portrait or

(La découverte de son sacrifice quasi christique a également été le moment où j’ai cessé de porter de l’intérêt à son frère. Le beau Sasuke n’a pas grande valeur, finalement. Il ne comprend rien à rien et est totalement paumé. Vraiment, on ne comprend pas sous l’effet de quel défaut de vision tout le monde, dans l’univers de Naruto, se trouve magnétiquement entraîné vers lui).

uchiwa Sasuke noir et blanc 2

Les frères Uchiwa :

Uchiwa frères dos_by_pokefreak

A vrai dire, je trouve les dessins moins intéressants et saisissants que ceux de Bleach. J’ai également du mal à accepter que l’auteur puisse s’en tirer avec la distribution éminemment sexiste des rôles parmi les personnages (Sakura ne peut être, évidemment, qu’une infirmière améliorée – mais après tout, c’est encore pire pour Orihime dans Bleach). Le personnage principal, Naruto, a une psychologie plus primaire encore que celle du héros de Bleach (on peut d’ailleurs la résumer ainsi pour l’un et l’autre : gros muscles, petit cerveau, grand coeur). Mais il se dégage de lui une telle énergie positive qu’on ne peut que se sentir enthousiasmé, malgré la guimauve des grands sentiments. Et il est entouré de personnages plus complexes et intéressants, qui deviennent au fil des années de véritables types et des références, comme Kakashi, Orochimaru, Gaara, Shikamaru, et surtout Itachi (bon, OK, j’arrête).

J’aime Bleach et Naruto. Je ne suis même pas gênée de l’avouer. (C’est plus gênant, d’ailleurs, d’admettre qu’on aime les mangas pour filles, va savoir pourquoi). Vive Naruto ! Vive Bleach ! Vive la jeunesse ! 😉

En bonus, la superbe couverture du chapitre 341 de Naruto :

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N.B. Je ne possède évidemment les droits d’aucune de ces images qui appartiennent à Tite Kubo pour Bleach et à Masashi Kishimoto pour Naruto, ainsi qu’à la maison d’édition Shueisha qui les publie.