Soir

*

Ayant atteint le degré d’opacité
où le mystère même s’éteint
je vais
par les fenêtres cognant
à l’armure lamée des nuages
les lambeaux du silence mien

du soir la soie
suture mes lèvres

par leur val désormais refermé
un souffle presque un baiser
une âme de montgolfière
refuse d’oublier le grain de l’air

au-delà du songe
rien

ô ciel ô visage tant désiré
ô nacre comme l’amour
souillée de chaud vermeil

ô ciel ô visage infiniment lointain
sauras-tu que se tient
cette sphère ignorée
cette pierre ingravée
scellée dans l’angle mort de ton regard

*

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