La route du matin

  A Marie, nautonnière du matin Dire la nouveauté d'une vie où à l'heure matinale se conjuguent, non plus de parcimonieux reflets de ciel sur des trottoirs humides, mais des champs, des bois, des chevauchements de vallées, et les rayons ininterrompus de l'hiver. Ainsi donc, le matin. Ne spéculons pas sur le fait qu'il me…

Germe

* Dans l’anis vert du printemps cherchant la sève dont tes lèvres promettaient à jamais d’allaiter mon sourire j’ai trouvé le germe de novembre et je n’ai pas pleuré c’étaient la prime enfance de la pluie et l’os immaculé du bois feignant la mort le fin craquèlement de limbes roussis pour la faim de ramures…

Voici Janvier

  Voici janvier le merle est fou Ayant trop tôt saigné l’épine De toute braise nourricière Voici janvier au ventre creux Et sous le gui la grive songe Parfait blason du peuplier Dans sa livrée de solitude L’hiver suffit à la beauté Mais la terre appelle le ciel A grands signes de branches noires Et…

Musaraigne

Homme Tu es sur la terre pour plus De souffrance et de joie qu'il n'y a D'abeilles aux lèvres du soleil De sève aux paupières des forêts De peine à la racine des dents Le reste n'est pas ton lot Aussi Dévêts-toi de ton manteau de pluie Délivre tes épaules de la maille étroite Des…

Toulouse en hiver

Toulouse en hiver. On ne m’écrit pas tous les jours quelque chose d’aussi beau. Merci à Guillaume Sire.

Ce qu'il reste des brumes

Pour Quyên Lavan

L’hiver n’est pas l’entrée d’un cimetière. Calme oui, mais il n’est pas sinistre. De même que les volcans éteints ne sont pas morts et ne sont pas moins beaux, de même Toulouse n’est pas morte en hiver mais repliée vers le cœur, à la source des murmures.

Les étudiants se regroupent aux rez-de-chaussée des boulevards et près de la rue des Filatiers — or chargé de la bière, vin chaud de Fronton, sourire carié des bocks.

Rien n’est figé, ce n’est pas l’hiver des pauvres en imagination.
Ce n’est même pas le carême.

Là-bas, les Pyrénées taillent des plaies dans les yeux du marbre.

La Garonne se couvre d’écailles dont s’échappe une buée terreuse.

Les platanes du canal sont fiers et presque russes, eux si fin-de-siècle d’avril à septembre.

Il fait froid bien sûr, il y a le calme, la fin de la nature européenne ; mais…

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Chanson d’automne

Par la fenêtre étoilée L'arbre au front d'or constellé De ses atours se dépouille Dans la lumière habitée Un paysage oublié Reprend forme, puis se brouille Le murmure de l'hiver Serpente sous le couvert De gouttes bleues qui ne mouillent Il ira bientôt chassant Les feuilles tourbillonnant Nuées d'or piquées de rouille Avant que la…