Février

Envie aujourd’hui de poster de nouveau ce poème écrit il y a quatre ans. Contrairement à d’autres que j’ai commis, je l’aime encore. Il faisait clair dans la petite salle où j’attendais mes étudiants. C’étaient de grands garçons qui, bien qu’hésitant encore à devenir des hommes, partageaient dans leur essence l’audace du perce-neige. Avec eux aussi, je jardinais.

In the Writing Garden

Le ciel est tissé de lumière
A travers les champs célestes
Voguent des voiles de fête
Et fusent les flèches solaires

Sous l’obscur velours des paupières
L’incandescence demeure
La forteresse intérieure
Est éventrée – tout est offert

Les secrets que l’ombre resserre
Désirs, songes et pensées
A travers ciel projetés
Se dissolvent dans la lumière

Sur tes iris de métal clair
Tes paumes de pierre polie
Toute tristesse abolie
Je reconnais le printemps vert

Par tous les pores de ma peau
Moi qui oubliais de vivre
Comme au zénith l’oiseau ivre
Je file au son du chant nouveau.

Illustration de Georges Lemoine.
Vous pouvez lire un entretien très intéressant avec l’illustrateur ici.

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Attendre le soleil

Trois jours à Toulon et toujours pas de soleil. Ca ne fait rien, j’aime être ici, la double vue sur la mer laiteuse par les baies vitrées de mes parents. Les ferries vont et viennent, témoins d’une Corse qui subsiste dans la brume, d’une Sardaigne vacillant à l’horizon de la conscience.

Toujours pas de soleil. Ca fait quelque chose quand même.

Comme entrevoir le visage du grand amour dans le reflet d’un miroir lui-même reflété sur une vitrine, se retourner sans pouvoir déterminer dans quelle direction de la réalité il se trouvait, s’embrouiller dans le complexe tracé des angles, dans une trame de rais. Amour, je sais que tu es là, montre-toi.

Ou comme le croiser dans une soirée où chacun des visages, des noms, des voix, des histoires colportées, jusqu’à chacun des verres et des petits fours patientant sur la nappe empesée, semble plus intéressant que soi. Et l’on ne sait que faire de cet irréductible sentiment, de cette foi absurde logée en son ventre, que le destin est de vous faire vous rencontrer et vous aimer.

Ainsi la Méditerranée dans son voile de grisaille, me refusant son sourire.

Elle peut ne pas sourire, je demeure là en amour.

Et voilà qu’au moment de publier ce post, les nuages s’ouvrent…

Février

 

Le ciel est tissé de lumière
A travers les champs célestes
Voguent des voiles de fête
Et fusent les flèches solaires

Sous l’obscur velours des paupières
L’incandescence demeure
La forteresse intérieure
Est éventrée – tout est offert

Les secrets que l’ombre resserre
Désirs, songes et pensées
A travers ciel projetés
Se dissolvent dans la lumière

Sur tes iris de métal clair
Tes paumes de pierre polie
Toute tristesse abolie
Je reconnais le printemps vert

Par tous les pores de ma peau
Moi qui oubliais de vivre
Comme au zénith l’oiseau ivre
Je file au son du chant nouveau.

Illustration de Georges Lemoine trouvée sur Internet, et que je m’excuse d’utiliser sans autorisation.
Vous pouvez lire un entretien avec l’illustrateur ici.