Portrait en fil à plomb

Février file avec son ciel où s'abreuvent mes mots... Et je n'ai pas le temps. En guise de caillou blanc, ce poème écrit en février dernier.     Lui un peu ivre (là-bas !) qui pousse contre le vent ses paumes décuplées… … voilà que février nous le rend les paupières brûlées et le sommet…

Alerte

. Comme le cerisier délesté de lui-même par un soupir du ciel il faudrait se livrer Ou comme ce passant à mi-pas suspendu devant l'éphémère perfection inhaler la grâce du renoncement et consentir Sans façon Aucune giclée de roses aucun printemps lascif se livrant au mirage des saules ployant sur les eaux de leurs larmes…

Moisson

    Le temps s’en vient comme qui possède des champs barbus d’or en abondance et ne songe à faucher que pour qu’un peu de suc au bout de chaque tige cristallise en miel l’ininterruption     Time is coming as who has fields of bearded gold in abundance and thinks of mowing only so…

Février

Envie aujourd’hui de poster de nouveau ce poème écrit il y a quatre ans. Contrairement à d’autres que j’ai commis, je l’aime encore. Il faisait clair dans la petite salle où j’attendais mes étudiants. C’étaient de grands garçons qui, bien qu’hésitant encore à devenir des hommes, partageaient dans leur essence l’audace du perce-neige. Avec eux aussi, je jardinais.

In the Writing Garden

Le ciel est tissé de lumière
A travers les champs célestes
Voguent des voiles de fête
Et fusent les flèches solaires

Sous l’obscur velours des paupières
L’incandescence demeure
La forteresse intérieure
Est éventrée – tout est offert

Les secrets que l’ombre resserre
Désirs, songes et pensées
A travers ciel projetés
Se dissolvent dans la lumière

Sur tes iris de métal clair
Tes paumes de pierre polie
Toute tristesse abolie
Je reconnais le printemps vert

Par tous les pores de ma peau
Moi qui oubliais de vivre
Comme au zénith l’oiseau ivre
Je file au son du chant nouveau.

Illustration de Georges Lemoine.
Vous pouvez lire un entretien très intéressant avec l’illustrateur ici.

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Musaraigne

Homme Tu es sur la terre pour plus De souffrance et de joie qu'il n'y a D'abeilles aux lèvres du soleil De sève aux paupières des forêts De peine à la racine des dents Le reste n'est pas ton lot Aussi Dévêts-toi de ton manteau de pluie Délivre tes épaules de la maille étroite Des…