Après Lindisfarne

  Neuf jours, non, dix, que ça souffle sans discontinuer, depuis l’avant-dernier village, avec une rage froide aiguisant la dent de l’humidité, et bien qu’avec ses frères il foule à présent un chemin sec, ayant arraché le spectre de ses semelles à l’avidité de la tourbe, il continue à chaque pas d’incliner la cheville comme…

Sonnet sur l’exil

Et puisque nous sommes de naissance exilés Suspendus par la soif aux fontaines taries Sans mots devant les arbres qu'un rayon nourrit Assez pour toucher ciel et s'y enraciner Et puisque nous roulons nos manques et nos peines Pierres sur lesquelles aucun dieu ne construit Sa maison éternelle, et qu'à goûter les fruits Du Jardin…