Calligraphie

*

A Koshu

Novembre grisonnait embué
Et l’automne ployait
Trop tendre tôt dissout

Droits comme midi se dressaient
Ton corps et ton pinceau
(Quant à l’autre bras de la croix
C’était l’encre allongée dans sa pierre)

Tu ne dis que ceci :

La ligne révèle qui nous sommes.
Traçons-la
Comme le sabre son destin
Plus leste que le sang
De fourreau clair en fourreau pur

L’encre jaillit

Alors je vis
Dans la vibration de ton arc
Suspendue la déroute du fleuve

Et l’aval et l’amont les doigts joints sur la rive
De la feuille surprise
Y faire éclore les songes du vide :

Une écaille, une aile, un soupir
L’éclair noir d’une vie
Pupilles par où Dieu nous désire

L’œuvre du calligraphe
N’est pas ce que signe le sang de son sceau
Mais l’élan même de la terre au paradis

*

 

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