EDR 2 (le jeune amant)

  Le jeune amant a une tête à se nommer Juan, ou Esteban, alors c'est ainsi qu'elle le désigne, en pensée, puisqu'en dehors il est peu besoin de s'interpeler quand on ne veut se connaître que de la peau et des abîmes. Thomas, dont le nom compte seul parmi les vocables du monde, l'appelle Julian.…

Eau de rose

    Dès qu’il franchit le seuil elle se sent possédée. Il est devant elle comme un arbre dont elle serait l'ombre fidèle, comme une falaise - l'horizon se soulève. En silence, il balaie le vestibule du regard, prend la température du lieu. Son nez haut et droit dirige un faisceau d'énergie de gauche à…

Essor

  Je doute de ma langue plus que de ma peau je doute de mes yeux et doute de vos voix je douterai demain d’avoir jamais vécu ici - comme à présent d’avoir connu là-bas tel regard autrefois   Mais jamais de l’aube et de l’essor que contre le courant mon lent désir amonte en…

Ciel et cendre

Chez Réda le ciel domine, inconstant et liquide, miroir de la vie temporelle, et le poète glisse sur ses rives, avec des ailes au coin des paupières. La pipe aux lèvres, les yeux plissés (une poussière sur le cil ?) il salue du menton la mort, menant familière son troupeau de tendres trépassés vers quelque fleuve…

Note sur la poésie

Remarques en parcourant, de temps à autres, Philippe Jaccottet, une poétique de l'insaisissable de Jean Onimus (Champ Vallon). La poésie comme quête du réel insaisissable. Comme entreprise par laquelle on ôte, et arrache s'il le faut, les masques rassurants soigneusement plaqués sur la sauvagerie du réel : concepts, mots, dieux, etc. Elle s'opposerait ainsi à…