Promesse

A Akemi

Paris fait la roue, éclaboussé de soleil
Virant et s’exaltant au sursaut de l’été
Au coin des murs, la lumière aiguise ses lames
Dans l’épaisseur du jour découpant le silence

J’entends ta voix. Elle a perdu son chant
Et perdu sa couleur. C’est une voix de perte
Elle énonce assourdie la croisée des chemins
Dont l’un pas plus que l’autre ne connaît ton pas

L’enfant qui te restait de l’amour emporté
A pris son envol. Sur l’épaule délaissée
Le tendre poids enfui laisse un soupir amer
Au bord de la fenêtre s’installe l’absence

Ainsi s’est dénoué le lien de la promesse
tenue. Las, qui tiendra désormais tout ensemble
Le souffle et la mémoire et la peine de vivre
Dans cette apesanteur où s’effacent les noms ?

Pourtant, ton pinceau va, délesté du passé
Au sourire de cendre de la liberté
Il oppose obstiné sur la blancheur éclose
Arabesque de joie où le temps se recrée

L’encre qui vire

et s’exalte

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