Alerte

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Comme le cerisier délesté de lui-même
par un soupir du ciel
il faudrait se livrer

Ou comme le passant à mi-pas suspendu
devant la perfection aléatoire et éphémère
inhaler la grâce du renoncement et
consentir ?

Sans façon

Aucune giclée de roses
aucun printemps lascif se livrant au mirage
des saules ployant sur les eaux de leurs larmes
ne me dit rien qui vaille

Petit père bonne mère
je crois bien davantage
au grelot de l’alouette des tourbes
qui creva ce matin mon élan par la brande
sous la stase augurale de deux éperviers

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Sakura

Il y a un arbre dans le champ près de chez moi
Le vent frôle en passant les rubans de couleurs
Que des mains en tremblant ont noués pour qu’y pleure
La ronde des saisons en souvenir de toi
Claire.

L’arbre est un cerisier. Son écorce striée
De soie pourpre et de cendre est faite pour la main
Et fête pour les yeux. En suivant le chemin
Déployé par ses bras on voit se ramifier
La lumière.

Au lever du printemps il s’étire et scintille
Et danse dans la brise. Lorsque l’été descend
Le feuillage plus dense voile les rubans
Mais dans l’ombre mouvante ils sont là qui distillent
Leur prière.

De toi, je ne sais rien et c’est sans importance
Sur le pèlerinage des quatre saisons
Mes pas l’un après l’autre espèrent l’oraison
Fidèle et éblouie des pétales qui dansent
Ephémères.