Nœud (2)

Au milieu de la vie je dénombre les nœuds
encore là noués

La Seine antique évente autour des peupliers
le bleu que prend le soir tremblant au bord du noir
et les rires
les rires des marcheurs qui ne halent plus rien
sans ombre dans la nuit
m’écorchent

Ô silence silence
qui sans répit m’assoiffe

Dans un train de midi j’ai croisé l’autre jour
un peintre dont j’avais autrefois été proche
et me suis demandé si renouer
ou rengainer
et s’il fallait pêcher dans la nasse des mots
ayant manqué leur cible
ses yeux encore bleus

Au milieu de la vie je dénombre les nœuds
à demi dénoués

*

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Sonnet à mon amie

Je t’écris aujourd’hui pour que le chemin compte
Pour que ce jour de clair automne ne s’efface
Sans avoir déposé sa mesure fugace
Mêlé sa note unique à la chanson du monde

Pour que le chemin compte aujourd’hui je t’écris
Le ciel est beau l’automne est tendre et dans la terre
Bleue de l’enfance où nos racines s’entreserrent
D’autres automnes clairs bercent encor leurs fruits

Mais voici sur le chemin l’Age qui s’en vient
La main tendue. Il n’est plus temps de l’ignorer
Les promesses miroirs ont quitté les lointains

En voilà dans sa paume les éclats dorés.
Amie, tire avec moi le fil de la tendresse
Célébrons de ce jour l’inextinguible liesse.