Promise

With real Roman tiles, Sir. (I know I need more oxygenating plants, will order some for the pond, as well as that stuff against that nasty green algae which is already starting to choke the pond...). By the way, I hope the fact the frogspawn is not floating doesn't mean our future tadpoles are doomed.

Imagine que soit donné

Imagine que soit donné à qui pétrit l’opacité de se comprendre sourcier : la table, la chaux et l’écuelle le halo frêle sur le bois fêlé et jusqu’au jour cruel qui siffle sous la porte non moins que les rivages des îles s’abreuvent au suc du rêve c’est bien le rêve qu’à l’aube grise telle…

Elle passe

elle passe coiffée d’algue folle avec son ombre qui va l’amble la brûlure soudain au sommet de mon crâne ! sur le seuil étonné de mes lèvres une bulle garde le secret d’un cri elle passe miroitante à l’enjambée d’ibis et l’urne qui me contient se leste du plomb de l’instant immortel ce qu’elle emporte,…

N’effarouche pas

N’effarouche pas La joie qui sursaute au détour du chemin Tendresse, remonte les veines de ses bras Vers le martèlement - O millier d’étourneaux ! Tant est près le ciel que le sol penche Comme à la pinède son faisceau d'éclairs A ce coeur la sagesse de l'orage : L’ardente inexistence de demain   Don't…

First gardening day (hello newt)

At last, I have stepped into the garden. The new (temporary) teaching job I started in November, in a public school's international French section, as well as the storms unleashed upon us, kept me from coming out and greeting the first signs of the growing season. As soon as February appeared, I could feel the…

L’oreille et le nez

J'écoute une vieille chanson de Ben Howard. Cliché : il capte quelque chose d'extraordinaire dans l'ordinaire. Ce quelque chose m'importe pourtant, car je le poursuis, moi aussi, sans guitare et sans musique, et si je crois parfois le saisir, je déchante bien vite. Ses mélodies - celles d'avant - sont clairement parentes les unes des…

L’heure des arbres

Descendant Forty Acres Road au lever du soleil. Un coup d'oeil dans l'air encore crissant de givre vers les arbres de Pine Tree Avenue. L'arbre appartient à certaine lumière. Au bouleau toujours jeune, l'expansion (matin). Au tremble et au peuplier, la suspension (zénith). Au chêne, l'ambre charnelle de quatre heures avec son ombre qui bascule.…

Portrait en fil à plomb

Février file avec son ciel où s'abreuvent mes mots... Et je n'ai pas le temps. En guise de caillou blanc, ce poème écrit en février dernier.     Lui un peu ivre (là-bas !) qui pousse contre le vent ses paumes décuplées… … voilà que février nous le rend les paupières brûlées et le sommet…

Pères

  A H. Tu m'as accompagnée de rêve en rêve l'autre nuit. Nous constatons que nous avons le même bout de pays ouvert sur Google map dans nos téléphones portables. Sur ta version, une longue plage occidentale, des eaux transparentes infusées de soleil. Sur ma version, le même endroit, mais présenté sous l'aspect d'une carte…

Bazar free

Le pays va à vau l'eau, le bouffon va polluer les informations et détruire des vies pendant cinq ans, sans parler du Brexit. Cependant, la Saint-Nicolas est passée, le sapin est décoré, et dans la pile des cartes de Noël obligatoires en Angleterre, j'ai trouvé ce dessin de mon fils (pour sa marraine). Commentaire :…

La route du matin

  A Marie, nautonnière du matin Dire la nouveauté d'une vie où à l'heure matinale se conjuguent, non plus de parcimonieux reflets de ciel sur des trottoirs humides, mais des champs, des bois, des chevauchements de vallées, et les rayons ininterrompus de l'hiver. Ainsi donc, le matin. Ne spéculons pas sur le fait qu'il me…

Etonnements

Le temps m'a manqué pour vous parler des bouquets d'or et de bronze dont l'automne mûrissant emmitoufle la route du retour (lente reptation dans la campagne du Kent), dont la beauté m'ébahit au point qu'il me semble un jour avoir été projetée par un virage dans la seconde forêt du Bal des douze princesses, ou…

Avenirs

Tard de nouveau. Fatigue, mal au dos, courbatures. On galope dans les écoles secondaires du coin, d'open mornings en open evenings, d'executive headteacher en managing director of studies, de grandiloquentes présentations sur Powerpoint en statistiques de GCSE (brevet) et A-level (bac), tentant d'avaler un dîner ici et là, poussant des gosses ahuris ou un peu…

Céleste

Il sera bientôt six heures. Je pousse la porte rétive du bâtiment où la petite prend des cours de danse. De l'autre côté du lourd vantail de fer, l'automne fait le beau. De cette éclaircie, lisse comme l'innocence entre deux averses tempétueuses, je sais ce que vaut le sourire. Cependant, sur l'asphalte où l'habitude gare…

Une Amérique

Quelque chose de l'Amérique s'ébroue, remue, passe et repasse, murmure. Refuse de céder, s'attarde comme le fantôme d'un éblouissement au fond de la rétine, et teinte mes pensées comme une encre migrant dans la pulpe du papier. Passe ton chemin, lecteur féru de faits, il n'y a ici que l'errance et le reflet d'une perception,…

Erié

Ils sont assis sur la rive sablonneuse du lac Erié, parmi des herbes folles. Ils chantent, et dans l'entretissement de leurs voix insiste à s'immiscer, susurrant, le souffle primordial du clapotis de l'eau. A demi visible, un tronc incline un échevèlement de brindilles et de feuilles. La lumière baisse. La chanson approche sa fin. Le…

Ce qui reste

  ... et pourtant à toutes choses les mots ne sont pas bons. Certaines, les laisser décanter, un an au moins, que les oripeaux du reportage s'effritent et que reste, sinon ce qui devait rester, ce qui reste vraiment. Et si la cicatrice est encore sensible, écrire. A Sainte-Anne la première fois on se perdit…

Chemise blanche

Il est trop tard, je dois me lever très tôt. Autrement dit : il ne faut surtout pas commencer à écrire. Comment comprendre le fait que l'écriture ne me vient plus qu'à contretemps, talonnée par quelque autre nécessité qui la presse de céder la place ? J'écris donc à la va-vite, pensant encore moins que…