Guitare

Il fallait bien que ca arrive un jour. D’habitude, Je regarde le coffre de ma guitare, “rangé” sur le lit superposé d’en haut dans la chambre de mon fils, en me disant, “Ca serait bien de la sortir”, et je vais voir ailleurs s’il n’y a pas autre chose à faire. Il arrive même, mais rarement, que je la sorte. Je fouille alors dans mon tas de partitions pour retrouver des chansons où il y a cinq accords au maximum, histoire de ne pas avoir à travailler, chantonne, trouve désagréable ma voix encrassée, et laisse mon fils triturer les cordes (d’ailleurs, où a-t-il encore fichu mon diapason?).

Cependant, depuis que Pierre Delorme (http://pierredelorme.free.fr/index.htm) m’a envoyé ses chansons, et qu’au fil des écoutes je les trouve de mieux en mieux, de plus en plus belles, de plus en plus justes, j’ai vraiment terriblement envie de la reprendre, cette guitare, et terriblement envie de savoir chanter comme Pierre.

Et voilà qu’hier, en écoutant Julien Clerc chanter Les Séparés, je me retrouve à chercher la partition sur Internet. Et je tombe sur des vidéos, sur Youtube, d’un guitariste qui adapte des airs de films d’animation, qui les joue, et qui partage les partitions sur son blog (http://blogdebenoit.wordpress.com/). Voici le lien vers les vidéos : http://www.youtube.com/user/MrBenoit34/videos

Et l’impossible arrive. Au lieu de regarder Dexter, je suis en train de m’esquinter les yeux devant le générique de fin de Chihiro (faut commencer par quelque chose de facile), de pester contre l’absence d’imprimante dans le salon, et de me dire, j’ai mal aux doigts, mais qu’est-ce que ça fait du bien, et de jubiler, jubiler, jubiler.  Evidemment, je joue comme une quiche, je n’ai plus joué depuis plus de 15 ans, et je n’étais pas très douée de toute façon, mais peu importe, vous dis-je, je jubile. C’est mieux que de chanter en l’esquintant le thème de Princesse Mononoke toute la journée comme je le fais depuis une semaine. C’est même mieux que de regarder Dexter. C’est fantastique. Pourvu que ça dure. Ca me permettrait de jouer avec mon amie Marie qui commence à apprendre. Et ça, ce serait chouette.

Merci donc, monsieur Benoît, et s’il vous plaît, continuez.

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Success with the Cosmos.

 

How time flies. Son is now going to school, which mainly consists for the moment in playing with Legos / trains / puzzles / cars. Daughter is bossing everybody around, even without using any recognisable words. I try not to imagine what it will be when she is older, as I already feel totally defeated.

I look at the holiday pictures, the peaks, the glaciers, the sky, and I wonder how it is that people can live far from mountains, just like I do presently. It’s not just their beauty. It’s the awe, the wonder, the power of revelation – that feeling that you wake to realise what your nature is, glorious and insignificant at the same time. How your heart swells with peace and strength.

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When I came back, instead of following my habit of walking around in my house looking for reasons to feel miserable (why is the house disgusting, etc), I just ran out into the garden. And this is what struck me first :

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I know I have been going on about how much I love cosmos and Sakura and Ino, etc. But this is far better than I hoped (and, to be honest, a little too big – the peony is now buried under this forest and doesn’t get any sun…). My father-in-law says he has never seen cosmos as tall as these. It is official, I have green fingers (nobody needs to know my father-in-law improved the soil considerably last Autumn with manure and all that). And, on top of that, these flowers are covered in bees. Que demande le peuple?

Well le peuple wanted more stuff. So I got some big pots for the Japanese maples which will need repotting soon, plus some Alpine plants (Aeonium, Delosperma and Ajuga) and lots of Spring bulbs : snowdrops because husband gets emotional about them, tulips which will go in a container this year (no more totally silly-looking salad in the middle of the flower bed for weeks on end), and different sorts of alliums (I have fallen in love with them – not only do they look spectacular, they don’t seem to tempt snails and slugs, alleluia) and hyacinths (again, for my husband). Oh, and more snake-head fritillaries, because I absolutely love them.

Walking in the high-street the other day, feeling nostalgic for the mountains, I came across a stall where people from L’Arche sold plants. There they were, the sempervivum that I wanted to bring back from the Alps so much. Being impatient, I just got two trays and planted them directly into my clay soil without adding grit or sand. So we’ll see if any survives. I think they will. After all, this is Kent, not Lancashire, so why not. Will post pictures of the new plants when the sun deigns to show his face around here.

Apart from that, covered myseld in manure the other day and no, two 60L bags are nowhere near enough, even for a very small garden with only 3 flower beds and a tiny border (if you follow the advice to put a layer of at least 5 cm on your soil). Well I’ve learned something this week !

De retour des montagnes

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De retour des Alpes. Aurevoir, glaciers étincelants au soleil du matin, sombres sommets dont le manteau de nuage et de brume rend la présence plus saisissante encore.

J’ai déjà passé un été près du Lautaret il y a 16 ans. J’avais 17 ans, et à la faveur de la lecture du Seigneur des Anneaux, il me semblait être passée dans un autre monde ou, plus exactement, être parvenue dans une région de frontière entre les mondes. La montagne était enchantée :  chaque souffle de vent dans les frondaisons, chaque reflet jouant parmi les feuilles ne demandait qu’à être déchiffré, et portait le message d’un esprit dont la présence faisait résonner toute chose autour de moi, pierre, plante, lumière. J’avais connu les Alpes en hiver pour être allée au ski un certain nombre de fois, mais je faisais pour la première fois l’expérience de la montagne en été. Comment la décrire ? Me voici comme toujours confrontée à la pauvreté de mes mots.

Il y avait d’abord la présence écrasante des sommets, cette exaltation mêlée d’oppression qui transit le corps devant la majesté des pics, et l’aura stellaire des glaciers. Et puis les sources courant sous les mélèzes, le chant profond des torrents, la présence fée de l’eau qui faisait le pont entre le monde minéral des sommets et le règne luxuriant de la végétation – les forêts d’épineux dressés vers le soleil, les massifs d’aulnes verts, la multitude des fleurs sauvages, les rosettes des joubarbes entre les rocs, le velours des pelouses alpines. Et encore, à une altitude moindre, les sentiers évoquant les Alpes du Sud, aux odeurs de Provence, évoquant le pays d’Ithilien, craquant de soleil.  Et aussi, la magie des noms – Valfroide, le Glacier de l’Homme, le Doigt de Dieu – hommage de l’homme à un univers qui le baigne de beauté et lui parle des Commencements tout en lui imprimant dans le corps le sentiment de son insignifiance.  Ces souvenirs, visions et sensations, ne me sont pas sortis de la tête, et il me fallait y revenir.

Il me semble que si je vivais à la montagne, je saurais quoi faire de ma vie, ou plutôt que je ne m’inquièterais plus de ce que je devrais en faire, que toute considération d’orgueil ou de réussite sociale perdrait naturellement son apparence de sens et son masque de nécessité. La domination absolue de la nature dans un tel environnement remet à leur place les éructations de nos misérables egos. De fait, aujourd’hui compte à peine plus qu’hier et peut déjà rejoindre le cortège des siècles et des millénaires engloutis dans les strates qui dorment au coeur des roches. Et en même temps, bon sang, on se sent vivant – si vivant ! Tout le corps tremble devant tant de beauté –  si hier et demain ne comptent pas, c’est que maintenant déborde de beauté surabondante, et, aussi bizarre ou illogique que cela paraisse, suffoque de gratitude. Même la gamine sans Dieu que j’étais en pleurait de gratitude. Splendeur du monde absurde, peut-être, mais comment alors se fait-il que l’on se découvre une âme dont le cri dit merci ?

Bye little garden

I am leaving soon for a holiday with my family in France. I don’t know if I will manage to steal some time for this blog. Some flowers I have been eagerly awaiting will show up in my absence. It doesn’t really matter – my husband can enjoy them and take some pictures. Living things have to go their path and follow their own rhythm. I am grateful for what my first gardening spring and summer brought me.

Auntie Shelagh’s miniature-rose-turned-big had so many flowers it couldn’t stand their weight. It was a bit as if the flowers’ stems had stayed adapted to a miniature plant, while the leaves and the flowers had gone wild. My Dad managed to keep them upright for a while using some complicated wire and stake composition. The colours were just beautiful.

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Little dianthus doing well. Why aren’t they more fashionable ? They are so pretty. Too easy for the advanced gardener ?

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One of the delphiniums. Not what I expected, but white, which is good, and as glorious as a victory against snails and slugs !

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I have lots and lots of Anémones de Caen, and I am just in awe of the blue ones.

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The first blue cornflowers. They are the sign and the heart of summer (waves of poppies and cornflowers in the fields of beautiful old France).

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It turns out Sainsbury’s yellow lilies were truly yellow (phew ! At least my son wasn’t betrayed this time, unlike then). And magnificent as well !

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The Clifford’s Stingray hosta is now showing off – not only are the flowers impressive, they also seem to attract bees quite a lot !

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The fifty pence climbing rose bought in Poundland in the end had to be declared dead (mentioned here), but the hypericum purchased in the same shop at the same price has done quite well. The jewel-like flowers are small and I have no idea if this hypericum is going to be an upright bush or a groundcover kind of thing. Qui vivra verra. But is this Poundland plant going to live ?

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Finally, my first cosmos flowers ! Simple flowers close to my heart.

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And, last but not least, proof that this garden deserves to be loved. Here is the Spirit of the place (talked about him here), under the ceanothus. He lives there, usually hidden under the dense groundcover provided by the Anémones de Caen. French, essentially ! 😉

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See you !

xxx

En descendant des collines au printemps

L’été a déployé ses voiles.

J’ai été occupée ces trois dernières semaines – famille et amis en visite avant et après le baptême de ma fille. Un soir, alors que nous nous apprêtions à regarder un épisode de Bleach, ma soeur et moi en sommes venues, je ne sais plus pourquoi, à parler de poésie. Ma soeur occupe un poste assez important dans un ministère à Paris qui a bien moins à voir avec la littérature que mon job de prof. Pourtant, elle lit de la poésie, et moi non, plus depuis la naissance de mes enfants. Je suis bien contente d’avoir une soeur qui lit de la poésie.

Pour être honnête, je n’en lisais pas beaucoup auparavant non plus. Il ne m’est arrivé que deux ou trois fois d’aller à la bibliothèque spécifiquement pour emprunter un recueil de poésie, au temps où j’étais lycéenne à Lyon, ou lorsque j’étais en Khâgne. Je feuilletais des recueils de poètes contemporains au hasard, et les reposais rapidement sur les rayons si rien ne se passait, sans laisser le temps à la réflexion de déceler, éventuellement, dans l’amas de sons et d’images, l’idée, le fil directeur, l’enjeu, le truc qui lui donnait un sens. Attitude impatiente, paresseuse et probablement consumériste, mais après tout, la poésie est à mes yeux jeu et gratuité, et c’est simplement en passant qu’elle est révélatrice ; la vérité qui se laisse entrevoir, ou pressentir, n’est pas mieux appréhendée si on se prend la tête à démanteler le texte et à l’analyser. Attention, je ne veux pas dire qu’on ne doit pas étudier de poèmes, mais simplement que l’étude du poème, si elle nous permet de mieux comprendre et apprécier le texte, n’est pas nécessaire à l’expérience particulière que j’appelle révélation et en est même indépendante.

D’autres fois, c’est un poète en particulier que j’allais chercher, parce qu’on m’avait montré un de ses textes et que je me disais, C’est lui ! C’est lui ! et il me le fallait. René Char, Georges Séféris, Odysseas Elytis.

(J’ai aimé la Grèce longtemps, longtemps, de toutes mes forces, de tout mon souffle, et je ne savais pas comment les gens pouvaient vivre sans une Grèce intérieure tant la mienne m’orientait toute entière. Ensuite l’âge adulte est arrivé et tout s’est émoussé. Mais de loin en loin, j’entends encore ce vers ou cette phrase de Séféris qui disait “Où que me porte le voyage, la Grèce me fait mal.”

Et je me souviens, elle me faisait mal, et jamais autant qu’à la naissance de l’été, quand la lumière au-dehors semblait déclencher l’éblouissement intérieur que je reconnaissais – éclat brûlant des marbres, reflet de métal de la mer, débauche de lumière, de bleus, de blanc, vertige aveuglant, pureté minérale, vision déchirante. Ô patrie intérieure, beauté insurpassable. C’était mon pays, je l’avais reconnu. Mes racines s’y trouvent encore, quelque part dans cette partie de nous qui demeure en enfance. Peut-être était-ce le fait d’être une fille d’immigrés. Je croyais qu’on choisissait ainsi sa patrie. Quand je suis allée en Grèce, pour de vrai, je ne l’ai pas reconnue, sauf sur la colline de Sparte, où il m’a semblé que reposait mon rêve bruissant parmi les feuilles des oliviers. Sparte. Quand donc ai-je cessé de croire que tu me faisais moi-même ?).

Surtout, j’ai eu l’occasion de découvrir et d’aimer des poèmes en feuilletant les manuels scolaires qui m’étaient confiés de collège en collège (j’étais TZR, titulaire en zone de remplacement, ce qui signifie que je n’avais pas de poste fixe et étais envoyée deci, delà. Etre brillamment reçue à l’agrégation pour être envoyée comme remplaçante dans des collèges de banlieue. Heureusement que j’aime les élèves et que je crois à la mission des hussards noirs, toute référence anticléricale mise à part).

Et c’est ainsi que j’ai lu “En descendant des collines au printemps” de Desnos. Il m’a saisie tout de suite et je l’ai fait lire à toutes mes classes à partir de la 5ème. J’ai toujours étudié la poésie à la fin de l’année scolaire, au risque de ne pouvoir couvrir qu’une partie de la séquence, alors même que je la place au-dessus des autres genres. Il me semble que pour bien lire de la poésie en classe, il faut que l’esprit se sente libre, léger et vagabond, comme aux premiers jours de soleil et de chaleur, et que pour les “mauvais élèves” et ceux qui n’aiment pas l’école, les barreaux de la cage aient commencé de se dissoudre dans la montée de l’été. Je crois que je voulais que l’élément de contrainte inhérent à tout enseignement scolaire soit le moins sensible possible. Je voulais qu’en prêtant à la lecture une oreille distraite, ils soient touchés et émus, sans se sentir obligés de feindre l’intérêt. Je voulais qu’ils l’aiment, et que les mots rendent leur vie plus belle.

Et voici le poème :

En descendant des collines au printemps

A ‘heure où la rosée brille dans les toiles d’araignées

Au bruit lointain du fer battu dans les forges,

Au miroitement du jour dans l’eau des rivières.

 

En descendant des collines au printemps

J’ai laissé, dis-je, avec l’hiver les chagrins et les rancunes

Un amour profond me transporte de joie

Et ma haine elle-même me transporte et m’exalte.

 

En descendant des collines au printemps

Abandonnant des tombes vermoulues et des souvenirs,

Ivre des parfums de la terre et de l’air

Et me dilatant jusqu’à contenir le monde.

 

En descendant des collines au printemps,

J’ai brisé les balances où je pesais la vie et la mort,

Enfin prêt à accueillir l’été et les vendanges,

Prêt à accepter que le chemin, mon chemin s’interrompe.

 

En descendant des collines au printemps

Vivant de plus de joie qu’au jour de ma jeunesse

Mais attentif aux parfums de la terre et de l’air,

Attentif à l’écho d’une petite chanson lointaine

Chantée, d’une voix mal assurée, par une petite fille

Que jamais je ne connaîtrai.

Robert Desnos, dans Destinée arbitraire, 1943.

Comme je me posais des questions sur la fin du poème et sur cette mystérieuse petite fille, ma soeur m’a dit qu’elle connaissait un autre poème de Desnos, plus ancien, qui pouvait éclairer celui-là. Le voici :

La Voix

Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu’elle ne fait plus tinter les oreilles,
Une voix, comme un tambour, voilée 
Parvient pourtant, distinctement, jusqu’à nous.

Bien qu’elle semble sortir d’un tombeau 
Elle ne parle que d’été et de printemps.
Elle emplit le corps de joie, 
Elle allume aux lèvres le sourire. 

Je l’écoute. Ce n’est qu’une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles, 
L’écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.

Et vous ? Ne l’entendez-vous pas ? 
Elle dit “La peine sera de courte durée”
Elle dit “La belle saison est proche.”

Ne l’entendez-vous pas ?

Robert Desnos – Contrée (1936-1940)

Ce poème me fait sourire mais ne me touche nullement comme le premier, qui parle à la fois de transfiguration et d’accord avec la vie, et dont le ton est tout autre. Je ne sais pas quand Desnos l’a écrit, mais il sait que sa fin est proche. La mort est au coeur de ce chant. On ressent à la fois le mouvement descendant du lest, et l’envol, l’exaltation. La pesanteur et la grâce.

Qui sait, peut-être aurez-vous envie de me faire connaître un poème que vous aimez ? Merci de tout coeur si vous le faites ! 🙂

My garden in mid-July

News from the gardening front. Well, “front” probably conjures the wrong metaphor, as there isn’t much to do in the garden in mid-July, apart from deadheading (and mowing the lawn, but we still don’t have a working lawn-mower…). I just want to share some pictures of tiny miracles. As usual, click on the pictures to see them in a bigger size.

Here are the first Anemones de Caen which I did not believe would flower :

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Here are the beautiful Alpine Dianthus Starburst and Lewisia cotyledon (I wish I had bought more of these alpine little jewels) :

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Here are, finally, the lazy Alliums caeruleum :

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The Potentilla wedding dress train :

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Now, something I had not dared to hope : this weak lupin plant which was already showing signs of mildew or illness on the M&S shelf where I found it a few months ago, which couldn’t produce leaves strong enough to stay upright and was almost thrown in the bin… is trying to produce a flower !

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If you compare this plant to the other yellow white lupin, which I planted at a much later date, you can see how weak it is – it is clearly struggling.

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Yet it is trying to do its job, with a determination I find inspiring. It wants to overcome snails, slugs, fungi. It wants to be part of the summer glory, and project in the air the colourful spike which may bear its survival. I am glad I did not listen to my usual impatience and kept it.

I took the risk of upsetting my husband and gave the Japanese Spiraea a trim.

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It is not yet the promised Tory-style cut which will happen in the Autumn, but it allows a bit of light to reach other plants on the side and behind it. This bed is the sunniest spot in our North-facing garden and I don’t see why only one plant should get all the benefit of it. As my son keeps saying (when lurking around at my piece of cake after having gobbled his) : “Il faut partager !”.

I said somewhere that my sowing hadn’t been very successful. I haven’t got any Love-in-the-mist. But the Nemophila Five Spot which have grown here and there in a disorganised and rather unaesthetic manner have actually flowered, and yes, the flowers are still worth it. I especially like the fine bluish veins on their white petals.

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And, talking about annual seeds, my joy at the moment is with the Cosmos. They haven’t flowered yet. But by Jove, they are beautiful.

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They fill the space whilst staying airy and feathery, achieving the desirable combination of volume and lightness. Cosmos come from Mexico. And yes, when I look at them, they conjure a sensation of white heat and dangerous sun and mineral lanscape. I can’t wait for them to show their flowers – memories of a celebration of friendship in Naruto (cute Sakura !).

naruto !Mine haruno sakura yamanaka ino gif: naruto ino haters to the left please i think a lot of people tend to overlook this part in the anime. ino is actually a really caring person especially to sakura when sakura started crying i just died a little inside otp so much

naruto !Mine haruno sakura yamanaka ino gif: naruto ino haters to the left please i think a lot of people tend to overlook this part in the anime. ino is actually a really caring person especially to sakura when sakura started crying i just died a little inside otp so much

Finally, the hostas are going to flower !

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I hadn’t even realised these plants could produce interesting flowers, as they are grown for their gorgeous leaves. How a garden is full of little surprises ! Yes, it feels like a continual birthday, a present for each week.

Now, the thing is, my daughter is going to be baptised on Sunday. We are Catholics and this is obviously a very, very important event for us. Family and friends are coming. So please :

– Mrs Poppy and Mr Hollyhock,

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– Liatris spicata,

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– Auntie Shelagh’s rose,

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– Forest of blue cornflowers,

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HURRY UP AND FLOWER !!!

P.S. : there was one red strawberry which had escaped the birds. Little one and I went to the garden, duly covered in sun cream, ready for the mystical encounter with our first ever home grown fruit. Just as we arrived, flap flap flap flap, the thieves flew off with the Precious. I will get my revenge.

De l’écriture et de l’amitié

Quelques amis et connaissances me demandent de temps en temps, en passant : “Pourquoi n’écris-tu pas de nouvelles ?”. Certains, je crois, aiment me lire ; d’autres voient que je m’ennuie ; d’autres enfin pensent qu’il est criminel d’une manière générale de ne pas développer et exploiter ses talents (au sens biblique). A tous (mais ils ne sont pas si nombreux), je réponds que je n’ai rien à dire. Ce n’est pas une coquetterie. Je n’ai pas d’histoire à raconter. Quant à écrire sur rien, il faut à mon avis un talent éblouissant pour le faire et ne pas le regretter, être un virtuose du style, un magicien de la langue, ce que je ne suis pas.

J’écris bien, me dit-on. Mais encore ? Je repense à cette prof de lettres qui en terminale écrivait sur mes copies : “L’expression te sauve”. J’étais impressionnée, elle était la première de mes profs du secondaire à me voir vraiment, à percer à jour mon manque d’idées véritables. J’avais un vernis de connaissances que j’enrobais dans de jolies tournures. Quand j’ai lu son commentaire, je me suis sentie un peu piquée, et en même temps, j’ai pensé, chapeau, tu dis vrai madame. J’imagine que les profs des années précédentes étaient simplement trop contents d’avoir une élève qui maniait correctement le français pour se préoccuper du fond.

Faire du style ? Il serait plus réaliste pour moi de m’attaquer à une nouvelle avec une histoire précise, bien charpentée. Et je n’ai pas d’histoire. Je relis Dino Buzzati (malgré la traduction), j’admire le fait qu’il ait su tourner le quotidien de manière si intéressante, et je suis aussi frappée par la manière dont il construit son atmosphère à la fois fantastique et poétique par le jeu d’accumulations surprenantes (je n’ai pas le bouquin sous la main, sinon je vous collerais un exemple). Mais je ne me sens pas capable de l’imiter. Est-ce que je manque d’imagination ? Oui. Mais ce n’est pas que ça.

J’ai envie d’écrire. J’ai besoin d’écrire. Mais ce que je voudrais dire, je crois, ce que je voudrais exprimer,  est précisément ce que je ne saurais dire, ce qui ne se dit pas. J’ai réalisé cela ce soir, en rouvrant L’Humilité de Dieu, un livre de François Varillon que mon parrain m’avait offert du temps de mon catéchuménat. Dans un passage de ce livre (par ailleurs véritablement éclairant pour ceux qui se posent des questions sur la personne de Dieu au milieu de ce monde dégueulasse), le père Varillon disserte sur le silence. Il parle de Claudel et de ” l’unité plus originelle de la poésie et de la musique”. Plus exactement, de ce point en nous où notre nature temporelle est rattachée à l’Eternel, et où repose la Mémoire. Je lui laisse la parole :

“Cette unité est au plus intime de l’être. Elle se situe, pour reprendre les mots de Jean Cassou, “plus bas que ne descend la sonde”. Elle n’est encore ni poésie ni musique, elle est Silence, abîme de silence (Sigè l’Abîme est le terme qui conclut Connaissance du temps). Saint Augustin et les plus métaphysiciens des mystiques ont appelé Mémoire cette zone de solitude qui est antérieure aux opérations des facultés, antérieure à leur distinction même, antérieure donc a fortiori aux techniques de l’art. C’est là que l’homme échappe au temps par la cime de lui-même. Il serait vain de vouloir cheminer au niveau psychologique ou historique d’Animus, si nous ne séjournions d’abord dans le royaume secret d’Anima, où “dans le silence du silence Mnémosyne soupire”. Tout commence en effet avec la Muse de la Mémoire qui est indivisiblement mémoire de soi et mémoire de Dieu. On connaît le texte prodigieux de la Première Ode :

L’aînée , celle qui ne parle pas ! L’aînée, ayant le même âge !

Mnémosyne qui ne parle jamais !

Elle écoute, elle considère.

Elle ressent (étant le sens intérieur de l’esprit),

Pure, simple, inviolable ! elle se souvient.

Elle est le poids spirituel. Elle est le rapport exprimé par un chiffre très beau. Elle est posée d’une manière qui est ineffable

Sur le pouls même de l’Etre.

Elle est l’heure intérieure ; le trésor jaillissant et la source emmaganisée ;

La jointure à ce qui n’est point temps du temps exprimé par le langage.

Elle ne parlera pas; elle est occupée à ne point parler. Elle coïncide.

C’est cette note du silence, unique et identique, cette flamme profonde, cette immobilité poignante, que je voudrais être capable de dire ! C’est elle que je voudrais pouvoir mettre en présence. A mes yeux, c’est ce que font les grandes oeuvres : toucher au siège de la Mémoire profonde, faire chanter cette note. Dans mon histoire personnelle, je l’ai ressentie, en retrouvant dans Le Voyage de Chihiro des scènes dont j’avais rêvé dans mon enfance, ou au détour d’une phrase de Proust ou de Le Clézio, la flèche, paf, en plein dans le mille, chute en plein ciel, vertige ébloui. Toute contingence s’efface, les portes du Royaume s’entrebaillent. Matin premier sur la montagne. Lumière sans ombre.

Je l’ai dit ailleurs, pour moi l’art premier est la poésie, et la poésie est révélation. Je voudrais avoir le talent de la tisser dans le texte d’une nouvelle sans prétention. Je voudrais qu’un lecteur ait ce frisson, et partager avec lui ce moment, et être son amie. En gros, j’ai les yeux plus gros que le ventre, et des ambitions trop élevées. Ca, plus le manque d’imagination…

Je dis cela sans déception, sans amertume. Je m’estime bien heureuse de connaître cette révélation grâce aux oeuvres d’autres personnes. A défaut du talent littéraire ultime, je crois avoir un talent pour l’amitié. Or l’amour (qu’est l’amitié) est l’autre voie par laquelle le coeur de l’homme et sa conscience peuvent entrer en contact avec “le poids spirituel”, “le trésor jaillissant et la source emmagasinée”. Pour l’écriture, ce n’est pas sûr, mais pour l’amitié, j’ai ce qu’il faut.

Shonen

C’est la quatrième fois que j’essaie de publier ce fichu post, et que Firefox ou WordPress me laissent tomber. Il n’y a pas de mot capable de décrire l’état d’irritation dans lequel je suis. Perdre sa matinée pour un post de blog qui ne sert à rien, c’est la haine. Tout ça à cause des images. Pour les voir en plus grand, cliquez dessus, que je ne me sois pas crevée pour rien. Bon, je me calme.

C’est la fin de l’année, et tout le monde autour de moi semble débordé. Les parents de mes élèves du samedi courent dans tous les sens, de spectacle de fin d’année en concours de piano, de fête d’anniversaire en compétition de sport. En revanche, je me demande bien par quel mystère je me trouve, moi dont les enfants ne vont pas encore à l’école et ne sont pas invités à 36 birthday parties, également en train de courir après le temps.

Ah si. Réflexion faite, il n’y a aucun mystère là derrière. Je viens de lire un paquet de chapitres de Bleach…

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… suivi d’un paquet de chapitres de Naruto.

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Donc forcément. Bon, eh bien puisque nous y sommes, allons-y…

Je suis une lectrice de Naruto et de Bleach. Ce n’est pas que je tolère les mangas shonen quand je n’ai rien de mieux à faire, ou qu’en les feuilletant je veuille en savoir davantage sur les moeurs des ado, non. Je les aime.

Oui, j’ai treize ans et demi et je savoure les grands sentiments chevaleresques, les déclarations grandiloquentes, les batailles où les gentils ressuscitent, les moments où les méchants qui me déplaisent s’en prennent plein la tronche, et plus encore ceux où les méchants se révèlent être en fait des gentils que la vie a maltraités. Je dis les méchants qui me déplaisent, car j’ai la plupart du temps une prédilection pour les méchants, pourvu, bien entendu, qu’ils aient la classe, ce qui est assez souvent le cas dans les mangas.

Tout a commencé il y a longtemps avec Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque).

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A vrai dire, j’ai choisi d’étudier le grec à cause de la série, et je n’étais pas la seule, à en croire les collègues qui fréquentaient l’IUFM avec moi !

Je ne m’attarderai pas sur les raisons plutôt évidentes de l’immense succès du genre. Dessin efficace, souffle épique,  personnages attachants bien que peu complexes, débauche de bons sentiments mêlés à suffisamment d’humour pour éviter la nausée (tout juste), combinaison d’une structure répétitive et prévisible et de quelques coups de théâtre fracassants, format par épisodes qui permet au lecteur de développer un attachement durable à l’univers décrit, etc. Bon, pour être honnête, on oublie rarement, à la lecture, que ces mangas sont destinés à des gamins de 13 ans. Et pourtant.

Je suis une fan de Bleach. Si mon mari était moins sensé, je couvrirais les murs de posters représentant les capitaines Byakuya Kuchiki…

Kuchiki Byakuya

… et Gin Ichimaru.

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J’aime la qualité anguleuse des dessins de Tite Kubo, l’énergie incroyable qui émane de ses scènes de bataille, le style des costumes et l’expression des regards. La qualité esthétique des dessins est pour une grande part dans le plaisir que je prends à m’immerger dans le monde d’Ichigo. (D’ailleurs, quand ma soeur et moi, nous regardons l’épisode de Bleach où l’on apprend que Rukia va être adoptée dans la famille noble des Kuchiki, je ne suis pas la seule à me raidir sur ma chaise au moment où Byakuya – la classe absolue – croise sans le voir le pauvre Renji, terrassé par la vision d’une supériorite devant laquelle il ne peut que plier et renoncer. Sans vouloir balancer, cela dit…).

Je suis une fan de Naruto. L’événement de l’année 2007 a été pour moi la mort d’Itachi Uchiwa.

Uchiwa Itachi portrait or

(La découverte de son sacrifice quasi christique a également été le moment où j’ai cessé de porter de l’intérêt à son frère. Le beau Sasuke n’a pas grande valeur, finalement. Il ne comprend rien à rien et est totalement paumé. Vraiment, on ne comprend pas sous l’effet de quel défaut de vision tout le monde, dans l’univers de Naruto, se trouve magnétiquement entraîné vers lui).

uchiwa Sasuke noir et blanc 2

Les frères Uchiwa :

Uchiwa frères dos_by_pokefreak

A vrai dire, je trouve les dessins moins intéressants et saisissants que ceux de Bleach. J’ai également du mal à accepter que l’auteur puisse s’en tirer avec la distribution éminemment sexiste des rôles parmi les personnages (Sakura ne peut être, évidemment, qu’une infirmière améliorée – mais après tout, c’est encore pire pour Orihime dans Bleach). Le personnage principal, Naruto, a une psychologie plus primaire encore que celle du héros de Bleach (on peut d’ailleurs la résumer ainsi pour l’un et l’autre : gros muscles, petit cerveau, grand coeur). Mais il se dégage de lui une telle énergie positive qu’on ne peut que se sentir enthousiasmé, malgré la guimauve des grands sentiments. Et il est entouré de personnages plus complexes et intéressants, qui deviennent au fil des années de véritables types et des références, comme Kakashi, Orochimaru, Gaara, Shikamaru, et surtout Itachi (bon, OK, j’arrête).

J’aime Bleach et Naruto. Je ne suis même pas gênée de l’avouer. (C’est plus gênant, d’ailleurs, d’admettre qu’on aime les mangas pour filles, va savoir pourquoi). Vive Naruto ! Vive Bleach ! Vive la jeunesse ! 😉

En bonus, la superbe couverture du chapitre 341 de Naruto :

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N.B. Je ne possède évidemment les droits d’aucune de ces images qui appartiennent à Tite Kubo pour Bleach et à Masashi Kishimoto pour Naruto, ainsi qu’à la maison d’édition Shueisha qui les publie.         

July buds

July is now here, believe it or not.

Here are the renoncules.

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Pretty glamorous, aren’t they ?

Now, my husband’s favourite : the Japanese spiraea. A bit too voluminous to my taste (wait till this Autumn, you’ll get a Tory-style cut), but the bumble bees are all over it.

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The alliums took their time, but they are quite spectacular now. I mean, the alliums Christophii, as the Caeruleum are still waiting for God knows what.

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Now to the bits I like : things I did not expect, or about which I had given up hope, but which don’t hold a grudge and still go their patient way, like the poppy :

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or the anemones de Caen,

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or the liatris spicata.

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As expected, Sainsbury’s can’t really be trusted on the colour of the plants they sell. You may remember I went there and purchased some yellow flowering plants for my son. Well, here is the lupin :

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Even the worst kind of sophist featuring in The Apprentice wouldn’t convince my son this flower is yellow. (I find it funny some people are ashamed to admit they watch the Jeremy Kyle Show, but not The Apprentice. I think the kind of stuff you see in the latter programme is more damaging to the idea of a worthy humankind.)

Lovely weeds : I must admit the plant which has actually given me most satisfaction wasn’t planted by me, nor by anybody. It is the Herb Robert, yes, that invasive weed, which builds such wonderfully light architectural structures of red, pink and green, dotted with dainty little flowers that bees love so much.I have let it grow along the border of a flower bed. Shame my camera is not able to capture its beauty.

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Other unexpected beauty, legacy of my father-in-law’s meadow flower mix of last year.

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And, finally, some expected vandalism by birds, who have eaten all the red strawberries. Well, I accept it will happen until I can get a net.

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Bon appetit, little birds, this feast won’t last forever ! (I say little, but my garden is actually inhabited by fat blackbirds who think it is their space and keep looking at me with a reprobatory stare).

Parent’s rummaging

I said in a previous post that I am not a talented mother. Other mothers around me (plus some on Facebook) make me confirm what I already knew : I am impatient, inconsistent, temperamental, unimaginative… and I take my kids to MacDonald’s. As a result, my almost four-year-old son is addicted. I sometimes bribe him into doing something by promising to take him to the shameful fast-food place – yes, even though for French people, it must the worst capital sin. The main problem with this is probably that I enjoy it myself.

Apart from bribing, I do all those parentally incorrect things : use the telly as a babysitter, give in (sometimes) to bickering, labelling children (“the dreamer” and “the pirate”), punishing for minor things, etc.

I actually read a number of parenting books, especially when my son was a baby : books about breastfeeding, about the utmost importance of putting a baby on a routine, about not ever trying to force a routine on a baby, about everything you should expect in the first year (this one is a good one if you want to become stressed about all the important milestones your two-month-od child hasn’t reached), about taming toddlers, funny English or American books and very serious and culpabilising French books (“si vous ne réglez pas ce problème dès maintenant, ce sera trop tard !”). Funnily, none of the advice seems to have stuck with me and yet, I am usually a relatively disciplined and obedient Asian girl. But I find that I am ageing in a strange way : I am a lot more laid-back than when I was younger (geographical distance from the parents might be a reason why). When I say laid-back, I might mean self-indulging.

Some of my friends try to raise their children according to the principles of “non-violent education”, aiming to avoid coercion as much as possible, explaining endlessly and negociating with their young kids. I admire them for their courage as I know how much energy they must dedicate to this squeezing reality through the frame of principles. And I feel slightly astounded when I see how differently people who are quite similar and received more or less the same education (at least, in school) go about parenting.

The reason why I don’t follow their path is not just my self-indulging ways. I think explaining things to children is good and desirable, but I don’t believe in endless negociating. I don’t believe reality can be reduced to a system. I don’t know. I think life is a thing that just flows and kids will grow up on their own. Of course, we should help, advise, teach, listen, etc. But getting all worked up because the kid did something unexpected or we lost our temper in spite of all our principles, well, it’s too tiring. In my case, if I got discouraged everytime things don’t happen by the book, I would just need too much money for the therapist. I keep hoping, in a somewhat subconscious way, that time / God / something will take care of things for me and sort us out, the children and me. At the same time, I realise I am only saying that because I haven’t got any real problem to face. If action was truly needed, then I suppose I would act.

And what exactly is the point of this post, then ? Mmmmm… No idea. 😉 Well, I suppose I would like to initiate a debate about parenting, but I don’t think anybody will be bothered to participate, so… 🙂

Pirate attack

Tonight in the Lavan family, after the dinner.

Son, handing out the zappers (we have four) : “Here’s your kill, Daddy. And I have a kill, and this one is for Baby Iona.”

Husband : “Oh, so this is for switching Mummy off, is it ? Can we change the channel and see what happens ?”

Son : “No, they are for killing. Now, let’s all get ready for killing Mummy.”

Coming to me with a smile and poking me with the zapper : “You’re killed ! You’re killed !”

Me, tickling him back : “We don’t kill people, it is not nice. We don’t play at killing people.” Him : “But yes, we can go outside and kill somebody if we want to.” Me : “No, we can’t and if we do, we’ll go to prison.” Whatever.

Now all this was quite a surprise because my son is a pretty mild little chap whom I have never seen hitting anybody. He is afraid of slides. How on earth does the nursery manage to turn him into a serial killer, I have no idea. He obviously has no idea what the word means, but seems to hear it a lot there. My antimilitarist husband, who will never allow the purchase of toy guns, is in for a treat. (But he wasn’t the one who was being killed). I have to say I liked it better when he wanted to be Masterchef (he thinks that’s Michel Roux Jr’s name). I wonder what games his sister will come up with, considering she is a lot more of a fighter.

Dance of the red maple

The plants ordered online arrived yesterday (see the list in my previous post : here), and of course, I had to rush on my garden fork, spade, and almost empy bag of compost. I planted everything, except the Hosta June, because I couldn’t face the possibility of slug and snail damage on its pale green painted-looking leaves which seem to glow in a strange and fascinating way. That one I left it in its pot, hoping a band of copper tape would do the trick.

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Then, I had a look. Hum. Well. Even if I didn’t necessarily want to follow to the letter the “stick to a colour scheme” advice, it proved a bit difficult to overlook the uncomfortable clash between the red Shaina maple and the dark pink flowers of Astilbe Rheinland (what a beautiful name, by the way – reminds me of slow walks along the Rhine in Bad Godesberg, where the light mist carried memories of poems by Heine, as well as the dangerous miasma which would give us colds after colds. How much more alive, and seducing, and treacherous the Rhine was, there in Bad Godesberg, than in those places near Strasbourg where my uncle used to take us for a walk in the summers of my childhood ! ).

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So : dark pink feathers (astilbe) / intense red leaves (maple) / shiny metallic purple balls (alliums). Not even mentioning the pink and rose “girly” dianthus and the red roses about to open, with the yellow lupin and yellow potentilla on the sides.  I felt deeply discouraged. I dreamt about it. Massive anticlimax.

So, today, well, I cheerfully vandalised the red maple by moving it several times. Moved a hydrangea to some random other place, put the red maple in its place, and planted the beloved fullmoon maple in the middle, where I had intended it to be since I first saw it and fell in love with its luminous leaves. Then, I pulled out the ugly tulips leaves, and ahhh, felt much better. The pink astilbe feathers and the metallic globes of the alliums don’t look bad on each side of the lamp-like Acer Shirasawanum.

I had another look. The red maple was now really near the fence where a new little Clematis Montana has received the mission to cover the branches of the disgusting fat-leaved ivy (after the aphids and the molluscs, the most hated creature in the garden). It needed to come out a little, and so it did.

By then, the two maples were too close. (Roi des démons, tu me poursuis !). They both are slow growing varieties, but still, everybody needs a bit of space. So up came the poor Shaina again, only to be moved a few centimetres away. I pray that it forgives me.

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The whole composition is far from perfect, but it is not ugly and I can live with it. Oh how I wish I was like my artist friend Marie, or my master glazier sister-in-law, gifted with the ability to know at first glance where each thing should live !

Autour du rêve – voyage dans des souvenirs d’enfance

Hier, je suis allée à la bibliothèque rendre les livres empruntés par mon fils et en chercher d’autres. En fouillant dans le bac, je suis tombée sur cette couverture…

© Grahame Baker-Smith, Templar Publishing

… et je suis restée saisie. Les ailes, la transparence, les nuages, la lumière, ce bleu qui dilate et resserre le coeur – un très court instant, on se sent le souffle coupé.

La monumentalité de l’illustration, la place centrale des personnages sur un arrière-plan presque abstrait, l’expression figée et lointaine des visages, la place proéminente des mains du père, l’aura d’éternité née des ailes, la charge symbolique de la montagne, évoquent le caractère sacré des icônes. De fait, ce livre est un hommage à la relation filiale : il conte, par la voix du petit garcon, la manière dont la vie du père fut dominée – tyrannisée – par le rêve de voler, et comment ce rêve, que l’on croyait disparu sur les champs de bataille d’où le père ne revint pas, parla un jour à l’enfant devenu adulte, et se réalisa enfin. A la fin de l’histoire, le narrateur, devenu père à son tour, se demande si ce rêve parlera un jour à son fils. L’histoire est merveilleusement racontée, mais ce sont les illustrations qui en font toute la force ; elles vous arrachent littéralement à vous-mêmes, et vous jettent en plein ciel.

© Grahame Baker-Smith, Templar Publishing

Et voici que dans les profondeurs de mon ventre où ma mémoire serre les souvenirs qui vacillent au bord de l’oubli, je sens remuer des sensations tres anciennes. Et bien sûr, lorsque j’essaie de distinguer ce qui remonte des abysses, ou d’effeuiller les strates de cette sensation, tout se brouille.

“et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s’élever, quelque chose qu’on aurait désancré, à une grande profondeur; je ne sais ce que c’est, mais cela remonte lentement; j’éprouve la résistance et j’entends la rumeur des distances traversées.” (Marcel Proust, Du Côté de Chez Swann)

Essayons quand même.

Plein ciel. Il y avait dans mon enfance un livre intitulé Brise, dont je ne retrouve pas la trace. Il racontait l’histoire de la fille du roi des vents. Je me souviens seulement de la force des illustrations – c’est le souvenir le plus ancien de mon amour des choses aériennes. Plus tard, j’ai aimé les avions, les constellations, les récits de la conquête de l’espace.

Puis, au lycée, j’ai fait ce rêve où, après des péripéties dont je ne me souviens pas, je m’engouffrais dans un tunnel, à bord d’un chariot de mine qui roulait à une vitesse vertigineuse, et débouchais brutalement dans un ailleurs hors du temps et de l’espace où, clouée au sol, j’étais écartelée et comme soulevée par la vision de quelque chose de blanc tournoyant avec lenteur dans un ciel éblouissant.

Ce rêve a probablement un lien avec les illustrations par Georges Lemoine de la nouvelle Peuple du Ciel de Jean-Marie-Gustave Le Clézio. Si mes souvenirs sont bons, Petite-Croix, une petite fille aveugle qui veut découvrir la couleur bleue, voit, au cours d’un voyage intérieur, un dieu aztèque dérivant dans le ciel. (Je ne saurais dire à quel point Le Clézio a compté dans mon enfance. Pour moi, il a été un des gardiens des clés, celles qui ouvrent sur la signification du monde – j’assume, aussi ridicule que cela puisse sembler.)

Et puis il y a les visages des personnages, sur cette couverture, qui me rappellent un peu celui du roi Charles Cinq-et-trois-font-huit-et-huit-font-seize, dans Le Roi et l’Oiseau de Paul Grimault. Voilà un film d’animation qu’il faut que vous voyiez, si ce n’est déjà fait. La fable inspirée d’Andersen, les textes de Jacques Prévert, les dessins et la musique sont à mon avis inoubliables. (J’aimerais revenir un autre jour sur ce film, dans un post sur les villes imaginaires).

De fil en aiguille, je me rends compte que le lien entre toutes ces choses, illustrations, film, livres (j’ajouterais à cette liste Fleur de Lupin déjà évoqué dans un précédent post et Ratatatam), c’est le rêve, présent comme thème ou dans l’atmosphère onirique de ces oeuvres. Mystère, beauté, étrangeté.

© L’Ecole des Loisirs

Je ne suis pas surprise que Farther ait obtenu la Kate Greenaway Medal en 2011. Je ne résiste pas au plaisir de partager deux autres illustrations de ce magnifique album.

© Grahame Baker-Smith, Templar Publishing

Frogs

Did I say that frogs and toads actually live in my garden ? It makes me feel even worse for using slug pellets and stops me from cutting back the ivy as they like to hide in it.

Unlike English people, I am not particularly a bird lover – I mean, I think birds are pretty and lovely, but I am not really interested in them, unless they carry some strong symbolic connotations, like ravens or swallows (I once had a swallow. But this story is for another day). But hang on, I am not a bad person altogether : I like frogs and toads ! I don’t actually know anything about them, but I just find them fascinating, beautiful and mysterious. I also love them because of two texts that I discovered in school.

I strongly disagree with the commonly used argument against literary studies, according to which working on a text in school makes the children hate it. “Books are here to be enjoyed, not studied”, blablabla. As a pupil, I found literary studies very interesting. I am also eternally grateful to my teachers without whom I wouldn’t have heard about so many wonderful novels, poems and plays. Although my parents are both doctors and my Mum has a PhD in 20th century French literature, we rarely talked about books (or even culture in general) at home. My parents had come from Vietnam without a penny and we did not own a lot of books when I was little. It is thanks to the school and the literature lessons that my shelves – and my inner world – slowly filled with treasures.

I find pretentious the idea that one never needs help to understand and enjoy a book. I lacked references, historical and sociological knowledge, points of comparison, etc. I am happy some teachers and fellow pupils shared all that with me.

Back to our frogs. The first text is Le Crapaud, a poem by Tristan Corbière, one of Verlaine’s “poètes maudits”.

Le crapaud

(Les Amours Jaunes, 1873)

Un chant dans une nuit sans air…
La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

… Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré là, sous le massif…
– Ça se tait ; Viens, c’est là, dans l’ombre…

– Un crapaud ! – Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue… – Horreur !

– Il chante. – Horreur ! ! – Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son oeil de lumière…
Non, il s’en va, froid, sous sa pierre.
……………………………………………………………………..

Bonsoir – ce crapaud-là, c’est moi.

The second text is a short story by Dino Buzzati, published in Il Colombre in 1966 (in French, Le K). The French title is Dix-huitième trou. The “hole” in question is on a golf green where an ageing successful businessman is playing with his daughter, her husband-to-be, and a friend, as the day draws to its end. As the round goes on, the businessman, usually a very mediocre player, shows an unexpected and almost unsettling talent even though he is feeling weary and detached, and keeps complaining about flies only he can see. When exhaustion overcomes him, at the 18th hole, the ball gets lost in the rough. As the participants set out to look for it, they realise the businessman is nowhere to be found. In the area where the ball is supposed to have landed, they find a toad, covered in flies, which faces the setting sun as it gives up its struggle and prepares to die. As the animal lifts its head, gasping for breath, its eyes meet the daughter’s gaze. She panicks and calls for her father.

I must say I don’t like the French translation of Buzzati’s short stories in my edition. It feels clumsy, sometimes heavy and, in a word (or two), very laborious – the tenses in particular are all over the place. But then again, I am not able to read Italian… Despite that, I remember feeling moved by the description of the dying toad, because of the way it abandons itself to the evening light.

Please tell me about your own frog stories, I might start a collection !

Petites joies du jour.

Il fait beau, sinon chaud (faut pas rêver), et j’ai passé pas mal de temps à quatre pattes dans la “pelouse” avec le long sécateur, celui qui sert à tailler les haies (c’est marrant, je connais les noms des outils de jardinage en anglais bien mieux qu’en français !). Eh oui, la tondeuse a rendu l’âme il y a quelques semaines, et on est en pleine période de pousse – aux grands maux, les grands moyens. Ce mois-ci, y a plus de sous pour acheter une nouvelle tondeuse, de toute manière.

Je suis assez satisfaite du résultat, à vrai dire. Et un des plaisirs de la tâche a été d’imaginer ce que devaient penser les voisins, à voir la voisine chinoise le derrière en l’air en train de tailler des brins d’herbe avec un sécateur. Sûrement une habitude de là-bas. En Angleterre, on respecte les pratiques culturelles des sauvages.

Autre joie : j’ai maintenant la preuve que les renoncules ne vont pas seulement produire les touffes de feuilles d’un intérêt très limité auxquelles elles m’ont habituée ces derniers mois, mais aussi des fleurs ! Voyez vous-mêmes !

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Dans la série des promesses du jardin :

  • Le rosier nain de chez Marks and Spencer offert par Tante Shelagh, planté au hasard pour voir s’il survivrait et qui porte un tas de boutons de fleurs :

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  • Les alliums les moins pressés de la Terre (Allium Christophii) :

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  • Les cosmos (cf. Sakura et Ino) :

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  • Les lys jaunes choisis par mon fils à Sainsbury’s (qui est un supermarché – ces lys pourraient bien se révéler d’une autre couleur – drame) :

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  • L’oeillet miniature (Alpine Dianthus Starburst) (si, si, cliquez, vous verrez les boutons) :

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  • Le chèvrefeuille rose qui se réveille (groggy, car les pucerons sont déjà là) :

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  • Et surtout une langue d’agapanthe émergeant alors que je la croyais morte !

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Mais pourquoi diable cette raseuse nous montre-t-elle des plantes sans fleur ?

Eh bien c’est le stade que je trouve le plus excitant. On ne sait pas à coup sûr, après tout, si une plante va donner des fleurs, quels que soient les soins qu’on lui apporte. L’apparition des boutons est pour moi l’occasion d’un petit feu d’artifice intérieur et d’un soulagement. Ouf, maintenant, c’est sûr, ça va venir, il ne reste plus qu’à attendre !

Enfin, tout dépend, il reste toujours les ennemis jurés et leurs oeuvres diaboliques :

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Finissons malgré eux sur une note positive : pour une fille des villes, voici une vision réjouissante.

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Et le plus drôle est de voir mon fils qui, après avoir examiné les fraises, fait un tour de 45 secondes dans le jardin puis revient me déclarer : “Maintenant, elles sont rouges, Maman, on peut les manger ?”

La voix de Pierre

Il fait gris. Ça souffle pas mal, il pleuviote de temps en temps. Mois de juin typique des îles britanniques – à quoi mon mari répond en général que oui, et que c’est grâce à ça que les verts sont si riches et si beaux dans ce pays.

A l’adolescence, je serais restée assise à mon bureau, devant mon cahier, à noircir des pages (faisant semblant de travailler pour que les parents me fichent la paix) – l’humeur du moment, le temps qui passe, et ce sentiment que la vie ne va nulle part, et à quoi bon. Le temps, luxe de l’enfance.

Maintenant, je me hâte de faire la vaisselle et profite de la sieste de ma fille (vous l’aurez compris, ce n’est pas une gamine qui peut s’occuper toute seule) pour attraper le panier de linge à étendre, monter dans la chambre de mon fils (où se trouve l’étendage), mettre le lecteur CD en marche, attendre la voix de Pierre, et respirer, enfin. Je ne suis pas une maman douée, je n’ai jamais rêvé d’être maman, je fais ce que je peux et je suis rarement à la hauteur. Mais la voix de Pierre me réconcilie avec moi-même, et aide la petite Antigone que j’étais à faire la paix avec la “part-time working mother of two” que je suis aujourd’hui.

Pierre est – était – mon professeur de guitare. Je crois que j’ai eu la chance de le voir toutes les semaines du temps scolaire entre les âges de 7 ou 8 ans et 15 ans (je ne suis pas douée pour la chronologie), sauf une année où j’avais déménagé. Le cours que je suivais était intitulé, si mes souvenirs sont bons, “Guitare d’accompagnement”, par opposition au cours de “Guitare classique” enseigné par David Wood, et qui me paraissait beaucoup moins fun. Tout ce que je comprenais, gamine, c’était que dans le cours de Pierre, on apprenait des chansons, et que dans le cours de David, on se faisait très mal aux doigts en essayant de jouer des trucs compliqués. J’aimais chanter, on me disait que j’avais une jolie voix, et j’étais contente. Je n’ai jamais été une instrumentiste douée, et je crois que je n’étais pas non plus une bonne interprète – je veux dire, même quand j’ai grandi et que j’étais plus en mesure de comprendre les paroles des chansons. Pour moi, chanter bien, c’était chanter juste, avec une “jolie voix”, parfois fort et parfois doucement.

Les cours avaient lieu dans une toute petite salle. Il y avait des chaises sur le côté pour les parents s’ils voulaient rester, et une affiche de pièce de théâtre sur le mur. Par dessus l’épaule de Pierre, je passais de longues minutes, tous les mercredis, à me demander s’il était possible que “Kenneth Branagh” fût un vrai nom, comment ça se prononçait, et qui pouvait le porter. Pierre, lui, était d’une douceur et d’une patience à toute épreuve. A la fin, quand je ne travaillais plus et que j’étais devenue incapable de jouer ce qu’il me donnait, il a simplement demandé, d’un ton un peu las : “Quyên, tu n’aimes plus la guitare ?”

Petite, je comprenais vaguement que Pierre écrivait de vraies chansons qu’on peut acheter sur des disques, car mes parents en avaient des copies et nous les écoutions souvent. J’aimais les mélodies et les rythmes, même si je ne comprenais pas souvent les idées. Je voyais les images. Elles sont restées imprimées dans ma mémoire : il y avait la Méditerranée toute verte, Théo Van Gogh regardant son frère devenu fou au milieu du champ, et désespérant de parvenir à le toucher, le Yang-Tsé-Kiang roulant ses eaux jaunes entre des berges à la Gauguin, une chanson joyeuse sur le métissage et une autre commençant par “Cheveux d’ébène aux blanches hanches”, dont j’entends encore les accords solennels et poignants.

Récemment, j’ai retrouvé Pierre sur Facebook. J’ai pu avoir ses deux derniers disques, et je n’écoute plus qu’eux. Leur titre donne une bonne idée du style de Pierre : Le Flâneur, et Ca ira bien comme ça. Si vous voulez avoir une meilleure idée de leur contenu et écouter des chansons ou des extraits, voici l’adresse de son site : http://pierredelorme.free.fr/index.htm.

(Pardon, je ne sais pas de qui est le tableau)

Pour moi, c’est une voix de mon enfance, la voix de quelqu’un qui a compté plus que je ne saurais dire, dont le timbre et les accents recèlent d’innombrables souvenirs de mon vieux Villeurbanne, des amis du groupe de guitare, des voyages en voiture jusqu’à Strasbourg où nous passions nos vacances, et qui, chargée de tout ce temps vécu et révolu, et de toutes ces choses désormais enfouies dans le néant mais dont la musique garde la mémoire,  me rejoint ici, à Canterbury, et me rappelle d’où je viens. Et c’est à la fois un pincement au coeur – je n’ai plus 15 ans, ma guitare reste dans sa boîte, les étés de Lyon sont loin, et il y a toutes ces petites morts auxquelles on survit mais qui nous entament petit à petit – et un baume précieux.

C’est aussi le talent poétique, la précision des mots, la vivacité des images, l’absence de prétention, la sincérité et la légèreté – toutes choses auxquelles j’aspire dans mon écriture et dans ma vie, sans le plus souvent y parvenir. Quoi qu’il en soit, je serais bien contente si après m’avoir lue, vous aviez la curiosité d’écouter la voix de Pierre.

A la découverte de Gardeners’ World.

Varicelle, quand tu nous tiens ! Hélas, la mauvaise humeur de ma fille me condamne à rester assise dans le fauteuil – si je vais dans la cuisine, ça râle, si je vais dans le jardin, encore pire.

Je viens donc de passer deux jours (ou trois ?) à regarder des épisodes de Gardeners’ World sur la BBC.  Ma nouvelle idole est donc Monty Don et j’en viens à me demander comment j’ai pu vivre tant d’années sans lui. Pour ceux qui ne le connaitraient pas (je veux dire pour vous autres mes compatriotes, car il est impossible qu’il se trouve un Britannique qui ne connaisse pas Monty Don), le présentateur de cette fameuse émission de jardinage de la BBC – que dis-je, de cette institution nationale – est un grand type bien bâti, bientôt sexagenaire, et heureux propriétaire d’un magnifique jardin qui doit faire 100 fois la taille du mien. Wikipédia m’apprend qu’il n’est pas un jardinier professionnel, mais qu’importe, puisqu’il prend merveilleusement la pose, un pied sur la pelle, le visage buriné juste ce qu’il faut, à la manière des cowboys des pubs Marlboro de mon enfance. J’oublie le chien au poil luisant installé à ses côtés, prêt à bondir à sa suite le long des allées.

Enfin, ce n’est pas pour son look que je le regarde – ah, si seulement j’avais su plus tôt que faire de mes tulipes après la floraison, ou comment réunir les conditions idéales à la culture des agapanthes !

J’espère, cela dit, que l’humeur de ma fille va rapidement s’améliorer, car j’arrive à la fin de la série et n’ai aucune intention, malgré les supplications de mon fils (ou ses ordres), de regarder les courses automobiles.

En attendant d’avoir plus de liberté de mouvement, je rêve des plantes que je devrais recevoir dans une dizaine de jours et qui, je l’espère, arrangeront l’aspect désolé de mes parterres où se dressent lamentablement les tiges des tulipes dont les fleurs ont passé. En voici la liste, pour le plaisir d’égréner des noms de plantes, auxquels je trouve une qualité musicale (et puis c’est rigolo comme un semblant de latin donne au jardinier débutant et ignorant que je suis le sentiment de faire partie du club) (et tiens, cette phrase me fait penser à une amie féministe, quel est le féminin de jardinier ?) :

Brunnera macrophylla Jack Frost

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Astilbe Rheinland.

© Royal Horticultural Society

Heuchera Beauty Colour

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Hosta June. 

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© Peter Laughton

Hosta Clifford’s Stingray

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© Peter Laughton

Helleborus Blue Metallic Lady

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© Peter Laughton

Hepatica Transsilvanica Blue Jewel

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© Peter Laughton

La plupart de ces plantes ont été choisies pour leur feuillage. Il me semble que choisir une plante pour ses feuilles et non plus pour ses fleurs est un signe de maturation pour un nouveau jardinier. Je m’autocongratule donc. Je sais que je serai moins fière dans quelques temps : certaines de ces plantes sont les mets de choix des gastropodes haïs qui se fichent ouvertement de ma figure.

N.B. Je précise que les photos viennent du site Plantify.co.uk où j’ai acheté les plantes (y compris mes érables).

P.S. Je crois avoir trouvé le titre du blog. La photo d’en-tête est d’une allée à Mount Ephraim’s Garden, un merveilleux parc pas loin de Canterbury.

C’est la Bérézina.

Not feeling on top of anything today. My daughter is suffering very badly from chickenpox and has been screaming for most of the day, starting at 2 am last night. Her father has been running between chemist shops to find creams and antihistamin drugs.

On the gardening front, I have finally accepted that the sowing of various annuals some weeks ago is probably going to fail. The Cosmos (cf. in Naruto, that moment between Sakura and Ino) have come up but are losing their battle against snails. The Nemophila 5 spots are in the same situation. And of the Love-in-a-mist, there is no sign. (Which makes my going up to the nusery even more painful as I stare with envy at the neighbours’ beautiful borders filled with bearded irises, rose buds, alliums (mine take so long to open, I may be dead before there is anything to see), clouds of blue Love-in-a-mist – I’d better stop here). On the other hand, weeds are doing wonderfully in my garden, and another type of aphids has infested the pink honeysuckle.

But I haven’t given up hope. Having gone to Sainbury’s for a ready meal, I came home with yellow flowers (my son’s favourite colour, he wouldn’t let me buy them otherwise) : yellow lilies and lupin. It’s my second attempt with a lupin – as usual, it was bought for its name : some of you may also have read the wonderfully illustrated Fleur de Lupin by Binette Schroeder as a child. If you have, it is unlikely you have forgotten it.

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© Ecole des Loisirs

Also, a pink dianthus. Not surrendering yet !

(Yes, I realise I am doing it again : buying random things to fill holes in the flower bed, a course of action which is unlikely to create harmony, especially with the Japanes maples in the middle of it. But I accept that I am only a beginner and that it will take time before I get an idea of what I should be doing.)

Slugs and snails and puppy dogs’tails

So. Slugs and snails. Well, there’s not much to say, really. I think I am losing the battle.

I tried the nasty pellets, but wasn’t too happy about it. I am not super green, etc, but if you can avoid using nasty stuff, why not try ?

So I purchased copper tape for the pots and some “large” copper rings for the delphiniums and other plants which are in the ground.  Copper deters slugs and snails as it produces a slight electric shock when in contact with their mucus.

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Then, I read that 90% of slugs live underground – what would stop them from creeping inside the ring from underneath ? I had to find something else.

I discovered nematodes. They are microscopic parasitic worms and some of them will infest slugs. They come as a fine powder that you mix with water and apply to your soil with a watering can. The worms can provide you with up to 6 weeks of protection (which could well mean one week). Nevertheless, I felt super clever, super green, one step ahead of the molluscs. I followed the instructions as well as I could. I would no longer stay awake at night worrying about slugs !

And then, I discovered that most of my plants are eaten by snails. Big snails. And nematodes don’t work on them.

Things got worse when I found one enormous snail hiding under one of the blue hydrangea’s leaves. The blue (now turning pink because of our hard water) hydrangea is in a pot on which copper tape has been applied. (Yes, I know, I bought a plant that was forced, it is evil, etc.)

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And another big snail on the delphinium which is in the middle of a copper ring (this is direct provocation, right ?), with no leaves overhanging or forming a bridge which the pest could use to sail inside the ring. Right. OK. Stay calm. Maybe, I need to clean the copper on which the rain has splattered some earth.

Anyway, I resorted to ecoterrorism again, using blue pellets. I try to use them sparingly, but still, not very satisfying. What I feel, is that I could probably get in control of slugs and snails if I was consistent and determined. But I am lazy and easily discouraged. Oh well.

I also found loads of aphids on the red climbing rose today. And I am wondering whether I should spray them, fearing that they might infest other plants, or leave them be (the climbing rose is far from the house), hoping for ladybirds to visit my garden. The truth is, I should wear some gloves, be brave, and crush them. But that is disgusting. I think I might actually hate aphids more than cockroaches. Anybody who has read Les Fourmis by Bernard Werber understands me. OK, it is not good literature, but is entertaining, and made me consider ants (and aphids) differently.

On a rather better note, I noticed that some shoots are coming from the Anémones de Caen little “bulbs” I planted some time ago, thinking they would never work as they like good drainage, and I have clay. OK, shoots don’t mean I will get any flowers, but it is still good news. Better than my lilies of the valley, which never showed up. 🙂 Let’s not sin against Hope.

And hopeful I certainly am, for I have planted a 50 p climbing rose from Poundland today. I don’t expect much of it, but I like to give everything its chance (providing they are not pests) (or weeds).