Par-dessus le toit

Par ma fenêtre se déverse le toit de mon voisin. Avant notre séjour à Paris, c’était celui d’une voisine. Elle s’appelait Susan, elle était canadienne, et quand elle vous regardait c’était toujours le printemps, une éclosion de myosotis. Nous avons vécu quatre ans côte à côte sans jamais faire advenir ce thé que nous nous … Continue reading Par-dessus le toit

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“J’ai trois souvenirs de films”

J’ai, je crois, moins de dix ans et nous montons à Paris pour rendre visite à la famille. La fabrique du souvenir, froissée, sent l’hiver : lumière grise, légèrement mordue de vert comme par une mousse de printemps – oui, probablement février par temps couvert. C’est ma première fois à la Cité des Sciences de … Continue reading “J’ai trois souvenirs de films”

Déménager

Dernière nuit. Paris fait le dos rond sous l’orage. C’est une scène de ménage cosmique, coups et cris pleuvent, patience et impatience s’aiguisent l’une à l’autre comme à la pierre de l’obscurité. Je ne pense pas à tout ce que je dois encore faire demain avant de pouvoir lever le camp, à tout ce qui … Continue reading Déménager

Scène dominicale (ou Ça commençait bien mal).

A Nanou Exploit : nous ne sommes presque pas en retard, la prière pénitentielle n'a pas commencé. Blanc et or dans le sanctuaire, le curé déroule une phrase dont nous avons manqué les prémices. Mon oreille détecte un fond d'impatience dans sa voix, une très discrète nuance de sarcasme, et aussitôt mes antennes se dressent : "...et … Continue reading Scène dominicale (ou Ça commençait bien mal).

“Comme si tu étais par naissance une exilée”

Dit celle qui sait voir. Déjà posté quelque chose aujourd'hui. Faut arrêter de bloguer comme une ado attardée. Lâcher le clavier. Cette addiction, inefficace cataplasme de mots. Le texte d'aujourd'hui, par exemple, artificiel, propret, tout ça, des mots auxquels il faudrait foutre le feu pour y faire naître une lueur. Ne dit rien de comme … Continue reading “Comme si tu étais par naissance une exilée”

Quelques souvenirs de rideaux

Pour répondre à l’invitation de Joséphine. La chambre de la loggia est la plus grande de la maison strasbourgeoise. C’est aussi la plus belle, non seulement grâce à l’harmonie de ses proportions, au moelleux de la moquette, à l’angle de la poutre brune où sont épinglées des photographies, mais surtout parce que l'ouvre largement en son centre l’unique … Continue reading Quelques souvenirs de rideaux

Un dimanche

La journée avait pourtant bien commencé. Six mots qui sonnent comme l'incipit d'une nouvelle à chute ? Désolée, amis, rien de tel. A moins que... Fin de matinée. Dans le miroir, au sommet de mon crâne, se dresse une chose étrange. Serait-ce... ? Oui, un cheveu blanc. Je ne suis pas choquée, ce n'est pas … Continue reading Un dimanche

Bredouille

Fouillé partout dans mes classeurs de grec pour chercher un texte que je voulais traduire, à l'exemple de Joséphine. Ironie du sort, c'est l'amour que m'inspirait ce texte qui le soustrait aujourd'hui à mes recherches : ne l'avais-je pas diligemment retiré du classeur pour le serrer dans quelque pochette destinée aux coups de cœur ? Pochette aussi … Continue reading Bredouille