Valdrada

Une nouvelle traduction d’un extrait des Villes Invisibles d’Italo Calvino par Joséphine Lanesem. Prêtez-vous au jeu de réflexions…

Nervures et Entailles

Les anciens construisirent Valdrada sur les rives d’un lac avec des maisons toutes en vérandas, les unes au-dessus des autres, et des rues hautes dont les balcons à balustrade donnent sur l’eau. Ainsi le voyageur en arrivant voit deux villes : l’une s’élève au-dessus du lac, l’autre s’y reflète tête en bas. Rien n’existe ou n’arrive dans une Valdrada que l’autre Valdrada ne répète, car la ville a été construite de telle sorte qu’en chaque point elle se reflète dans son miroir, et la Vadrada d’en bas, dans l’eau, contient non seulement toutes les stries et saillies des façades qui s’élèvent au-dessus du lac, mais aussi l’intérieur des pièces avec leur plafond et leur plancher, la perspective des couloirs, les miroirs des armoires.
Les habitants de Valdrada savent que tous leurs actes sont à la fois un acte et son image spéculaire, à qui appartient la dignité propre aux images, et…

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Armilla

Un autre extrait des Villes Invisibles d’Italo Calvino, lu et traduit par Joséphine Lanesem. Cette fois, c’est la ville d’Armilla, et si vous avez besoin de beauté et de légèreté, ce texte est pour vous ! Merci encore à Joséphine !

Nervures et Entailles

Là où je voudrais vivre (et où peut-être je vis déjà)

Qu’Armilla soit ainsi parce qu’inachevée ou démolie, qu’il y ait à son origine un sortilège ou seulement un caprice, je l’ignore. Le fait est qu’elle n’a ni murs, ni plafonds, ni planchers : elle n’a rien qui la fasse ressembler à une ville, excepté les canalisations de l’eau, qui montent à la verticale là où devraient être les maisons et se ramifient là où devraient être les étages : une forêt de tuyaux qui se terminent en robinets, douches, siphons, déversoirs. Contre le ciel resplendit le blanc de quelque lavabo ou baignoire ou autre faïence, comme des fruits tardifs restés accrochés aux branches. On dirait que les plombiers ont terminé leur travail et sont partis avant l’arrivée des maçons ; ou que leurs installations, indestructibles, ont résisté à une catastrophe, tremblement de terre ou corrosion des termites.
Abandonnée avant ou après avoir été…

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Isidora

Voici, venant du blog Nervures et Entailles, une lecture par Joséphine Lanesem du texte d’Italo Calvino mentionné dans mon billet précédent, avec sa traduction. Je ne sais ce qui me saisit davantage, de la musicalité de la voix ou de la fidélité de la traduction. Merci à Joséphine !

Nervures et Entailles

À l’homme qui chevauche longuement sur les terres sauvages vient le désir d’une ville. Il arrive finalement à Isidora, ville où les immeubles ont des escaliers en colimaçon incrustés de coquillages marins, où l’on fabrique selon les règles de l’art longues-vues et violons, où l’étranger qui hésite entre deux femmes en rencontre toujours une troisième, où les combats de coqs dégénèrent en rixes sanglantes entre les parieurs. À tout cela il pensait quand il désirait une ville. Isidora est donc la ville de ses rêves : avec une différence. La ville rêvée l’entourait jeune ; à Isidora il arrive à un âge avancé. Sur la place il y a le muret des vieux qui regardent passer la jeunesse ; lui est assis parmi eux, à la file. Les désirs sont déjà des souvenirs.

*

All’uomo che cavalcava lungamente per terreni selvatici viene desiderio d’una città. Finalmente giunge a Isidora, città dove i palazzi hanno…

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Un livre de retour – Isidora

Disclaimer : ce billet va dans tous les sens et nulle part. L'autre jour, j'ai prêté Les Villes invisibles d'Italo Calvino à une personne de ma famille. Il m'est revenu très vite, à moitié lu. A la place, on a pris La Promesse de l'aube (que j'avais moi-même emprunté et pas encore lu). C'était un…

Greek Summer

Today is the day when Spring and Winter join the tips of their fingers. I had a dream yesterday. I was talking with my friend M. about somebody I don't remember now, a man, I believe. I said something like: what is good about him is that he believes in the soul. My friend looked…

Bric-à-brac

Je n'ai rien d'intéressant à dire mais je vais le dire quand même. C'est mon blog après tout, je peux raconter n'importe quoi. 1. Il est très pénible de ne pas avoir le droit de se moucher quand on a un rhume. Essayez. Tout ça parce qu'on m'a fait un petit trou dans l'os du…

Itachi, 100 – Solal, 0

Pendant que le monde fait rage, je lis Naruto, de nouveau. Comme je ne me souviens jamais de l'endroit où je me suis arrêtée l'année précédente, je reprends au hasard. Je lis des shonen par élans, une fois par an en général. Je me lance dans un marathon de chapitres enfilés frénétiquement jusqu'au dernier disponible,…

Deux traductions du « Roi d’Asiné » de Georges Séféris

Je me permets de partager un article du blog “Brumes, blog d’un lecteur”, que je suis. Il contient deux traductions du Roi d’Asiné de Georges Séféris, et une introduction qui décrit bien mieux que je ne saurais le faire le sentiment d’être révélé à soi-même par les mots d’un autre. J’ai moi aussi partagé cette expérience saisissante et rare, en découvrant d’autres poèmes de Séféris dans mon adolescence. Merci à l’auteur de Brumes.

Brumes, blog d'un lecteur

temple

« Il y a un “rien”, un “vide” tonifiant qui vaut plus que l’apparente opulence.»

G.Séféris

En découvrant LeRoi d’Asiné, un des plus beaux poèmes de Georges Séféris, j’ai ressenti immédiatement une étrange convergence entre ce texte et mon expérience personnelle. Certains passages rejoignent ma sensibilité, tant historique que littéraire, à un point que je n’ai presque jamais ressenti auparavant. Ce sentiment de proximité extrême, de mise en mots d’une émotion précise, est rare – pour un lecteur, s’entend. On peut aimer tel ou tel poème, tel ou tel poète, l’admirer hautement, le placer au pinacle des accomplissements d’une civilisation sans se sentir ébranlé, sans, surtout, se sentir dévoilé et révélé à soi-même. J’aime Coleridge ou Goethe, Baudelaire ou Segalen, Verlaine ou Jaccottet, Auden ou Reverdy, Nerval ou Luzi, mais en les lisant, même avec un profond respect et une non moins profonde admiration, je ne me lis…

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Une suite au Trente-cinq Mai ?

Mon assiduité sur ce blog laisse fortement à désirer. C'est pourtant un blog sans queue ni tête, et si la saison ne permet pas de poursuivre de loin en loin, comme je l'ai fait au début, la thématique du jardinage, on pourrait croire qu'il me resterait suffisamment de choses à dire ou partager avec mes…

Déambulations en souvenir de Georges Lemoine

Mercredi matin. Ma poussette et moi bravons le froid pour aller en ville retrouver mon amie Marie. Je descends Station Road West. Devant moi se dresse la vue habituelle du clocher de la cathédrale surmontant une masse de pierre aux couleurs de l'aurore. Je débouche sur St Stephen's Road, qu'il faut traverser pour atteindre le…

En descendant des collines au printemps

L'été a déployé ses voiles. J'ai été occupée ces trois dernières semaines - famille et amis en visite avant et après le baptême de ma fille. Un soir, alors que nous nous apprêtions à regarder un épisode de Bleach, ma soeur et moi en sommes venues, je ne sais plus pourquoi, à parler de poésie.…

Autour du rêve – voyage dans des souvenirs d’enfance

Hier, je suis allée à la bibliothèque rendre les livres empruntés par mon fils et en chercher d'autres. En fouillant dans le bac, je suis tombée sur cette couverture... © Grahame Baker-Smith, Templar Publishing ... et je suis restée saisie. Les ailes, la transparence, les nuages, la lumière, ce bleu qui dilate et resserre le…

Frogs

Did I say that frogs and toads actually live in my garden ? It makes me feel even worse for using slug pellets and stops me from cutting back the ivy as they like to hide in it. Unlike English people, I am not particularly a bird lover - I mean, I think birds are…