Amont

* plongeons mes tempes vibrent tu me fais remonter la rivière en nous l’embouchure impatiente là-haut la marche-frontière et la source, peut-être, voilée de voix brune déjouant les méandres au zénith des roseaux un oiseau tient amont jusqu'à ce que penche le ciel et parfois au-delà *

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Février

Envie aujourd’hui de poster de nouveau ce poème écrit il y a quatre ans. Contrairement à d’autres que j’ai commis, je l’aime encore. Il faisait clair dans la petite salle où j’attendais mes étudiants. C’étaient de grands garçons qui, bien qu’hésitant encore à devenir des hommes, partageaient dans leur essence l’audace du perce-neige. Avec eux aussi, je jardinais.

In the Writing Garden

Le ciel est tissé de lumière
A travers les champs célestes
Voguent des voiles de fête
Et fusent les flèches solaires

Sous l’obscur velours des paupières
L’incandescence demeure
La forteresse intérieure
Est éventrée – tout est offert

Les secrets que l’ombre resserre
Désirs, songes et pensées
A travers ciel projetés
Se dissolvent dans la lumière

Sur tes iris de métal clair
Tes paumes de pierre polie
Toute tristesse abolie
Je reconnais le printemps vert

Par tous les pores de ma peau
Moi qui oubliais de vivre
Comme au zénith l’oiseau ivre
Je file au son du chant nouveau.

Illustration de Georges Lemoine.
Vous pouvez lire un entretien très intéressant avec l’illustrateur ici.

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Nœud

  Nos gorges ont en partage un nœud dans le bois de l’amour que la saison noircit pensive par les eaux gelées - un nœud comme un bourgeon un bourgeon comme un poing suspendu à mi-route de son explosion    

Ecrire

Ecrire ? Et quoi ? Aucune question ne loge chez moi Etale comme un lac où ne rôderait pas même la menace de l’ombre, s’il fait beau je suis bleue un silence ébloui et s’il pleut… je ne sais L’hiver je tends l’oreille et le monde se tait L’été le monde crie indistinct et glorieux … Continue reading Ecrire

Je lis

Je lis les poèmes d’une amie dans le petit matin gris sur la couverture deux saules bleus se penchent sous l’arche de leurs pleurs feinte de pluie d’été une lumière vive passe une barrière derrière certainement, un champ un alpage un pâtis un invisible pré toute aile déployée une preuve du vent le petit matin … Continue reading Je lis

Voie

De toi-même tu ne sais rien. A peine l’existence t’a-t-elle effleurée – trop peu pour que tu aies pu te mouler à sa forme. Au je que tu prononces, quelques voix font l’aumône d’un tu. Si d’aventure il te semble y percevoir plus qu’un écho de convention, la curiosité aussitôt te tourmente ; tu brûles … Continue reading Voie

Optique

Une réflexion venue il y a plusieurs jours, que j'ai laissé filer et peine à retrouver. Plongeon dans le champ par matin de soleil. Octobre défend encore la digue. L'air est tendre. Le regard vague, égaré dans les ondes d'une lumière verte, vive, qui s'abstrait à la vue et s'adresse au toucher. Le sommeil tient … Continue reading Optique

Khôlle

A la Maîtresse W. J’ânonnais encore lorsque le diagnostic tomba : Lecture de myope. Mes œillères de sourde frémirent Fossiles de branchies Exsangue sur la civière où bavait son sang D'encre Céline - Louis-Ferdinand - résistait Sans un mot (le croirez-vous) Stoïque ou ahuri A l’égratignement de ma vénération Du démon torrentiel de sa langue … Continue reading Khôlle

Un autre blog

Invitée à partager les textes et en particulier les poèmes qui me nourrissent, j'ai décidé de ne pas charger davantage ce blog et d'en ouvrir un autre, Constellation. Vous y êtes les bienvenus si le cœur vous en dit.

Forest

Will you, ere my demise Let me step inside you Brother oh my forest That on the purple paths love winds into your depths I might once again walk And marvel once again Still flowering your chest The vines of destinies Some glib life would confine to thin dreams But for your breath Nestled under … Continue reading Forest

Mue

Un matin tu te lèves, l’été n’est plus là. Le fond de l’air est blanc. Un voile émousse toute pointe de couleur et de son, une astringence travaille l’espace. Bien que loin de toute campagne, tu perçois dans cette infusion de brume l’haleine des vallons où s’embrasent sans chaleur des rousseurs éphémères. Ainsi se réincarne … Continue reading Mue