Cigales nocturnes

  Éteins ce chant Trop intérieur et trop lointain Éteins ce chant Je ne peux plus Entrer dans la nuit des cigales - Le temps déjà était né Me semble-t-il Tout juste Et comptait sur ses doigts Debout dans le vertige étoilé de la nuit Des galaxies aux cils - Sur mon âme la pluie…

Shodo 1 – portrait

Divagation après le premier cours de calligraphie (absence manifeste de talent, deux mains gauches). Le visage que renvoie l'écran, pris dans la masse, sourire et paupières fatigués et bouffis, dérangeants, étrangers, réduit-il au mensonge le visage qui m'advient quand j'écris, c'est-à-dire le visage que projette la tension d'écrire sur l'envers de ma face précis, fuselé…

Un poème de Chloé Landriot

Nous voici ramenés au réel A ce présent endolori que nous n’habitions plus C’est comme Trébucher Tomber N’être plus que genou Et n’être plus que paume Le petit filet de sang La poussière incrustée là ou la peau s’est arrachée On se demande encore Comment Et pour de très longs jours Être paume et genou…

and so about the afterlife

  and so about the afterlife I say to him, you see my mum and I are standing at opposite ends, she not able to imagine that we who think and feel - her voice just like frail hands against a heavy door - might be no more whereas I well I struggle even to…

distance

  Partout l'haleine de feuillages rêvés La cathédrale est aphone Gueules dressées, les rangs d'euphorbes menacent printemps Le vent hésite et s'étonne : qui étreindra, l'indéchiffrable absence ? - mais tu frissonnes... C'est le vide le vide qui se vend à l'aune entre les corps Aucun oiseau riche d'un vol ne nichera plus dans le…

Imagine que soit donné

Imagine que soit donné à qui pétrit l’opacité de se comprendre sourcier : la table, la chaux et l’écuelle le halo frêle sur le bois fêlé et jusqu’au jour cruel qui siffle sous la porte non moins que les rivages des îles s’abreuvent au suc du rêve c’est bien le rêve qu’à l’aube grise telle…

Elle passe

elle passe coiffée d’algue folle avec son ombre qui va l’amble la brûlure soudain au sommet de mon crâne ! sur le seuil étonné de mes lèvres une bulle garde le secret d’un cri elle passe miroitante à l’enjambée d’ibis et l’urne qui me contient se leste du plomb de l’instant immortel ce qu’elle emporte,…

N’effarouche pas

N’effarouche pas La joie qui sursaute au détour du chemin Tendresse, remonte les veines de ses bras Vers le martèlement - O millier d’étourneaux ! Tant est près le ciel que le sol penche Comme à la pinède son faisceau d'éclairs A ce coeur la sagesse de l'orage : L’ardente inexistence de demain   Don't…

L’heure des arbres

Descendant Forty Acres Road au lever du soleil. Un coup d'oeil dans l'air encore crissant de givre vers les arbres de Pine Tree Avenue. L'arbre appartient à certaine lumière. Au bouleau toujours jeune, l'expansion (matin). Au tremble et au peuplier, la suspension (zénith). Au chêne, l'ambre charnelle de quatre heures avec son ombre qui bascule.…

Portrait en fil à plomb

Février file avec son ciel où s'abreuvent mes mots... Et je n'ai pas le temps. En guise de caillou blanc, ce poème écrit en février dernier.     Lui un peu ivre (là-bas !) qui pousse contre le vent ses paumes décuplées… … voilà que février nous le rend les paupières brûlées et le sommet…

Germe

* Dans l’anis vert du printemps cherchant la sève dont tes lèvres promettaient à jamais d’allaiter mon sourire j’ai trouvé le germe de novembre et je n’ai pas pleuré c’étaient la prime enfance de la pluie et l’os immaculé du bois feignant la mort le fin craquèlement de limbes roussis pour la faim de ramures…

Nuit d’été

Une ville, nuit d’été Lune, songe Sans tourment Sur les toits que quitte la pourpre Les goélands témoignent du large invisible Que dirais-tu, Basho - Étale, cette paix Froissée dans son halo - D’une corde pincée L’écho ?

Petits bourgeons du jour

* Je gratte la surface La surface me gratte Dans les bons jours nous sommes L’une à l’autre patiemment Comme soeurs s'épouillant Jouant des ongles et minutieuses Telles la pluie * À la faveur du chant nocturne Que l’on nomme silence Une étoile Penche sur moi Le feu de l’interrogation Or de réponse plus de…

Soir

* Ayant atteint le degré d’opacité où le mystère même s'éteint je vais par les fenêtres cognant à l'armure lamée des nuages les lambeaux du silence mien du soir la soie suture mes lèvres par leur val désormais refermé un souffle presque un baiser une âme de montgolfière refuse d’oublier le grain de l'air au-delà…

Alerte

. Comme le cerisier délesté de lui-même par un soupir du ciel il faudrait se livrer Ou comme ce passant à mi-pas suspendu devant l'éphémère perfection inhaler la grâce du renoncement et consentir Sans façon Aucune giclée de roses aucun printemps lascif se livrant au mirage des saules ployant sur les eaux de leurs larmes…

Si lentement

. Si lentement l’été s’en vient Et je peine je peine Sur son rai à enfiler mon pas Les mots se sont éparpillés Graines promises à d’autres contrées - Et ce vent qui cavalier m’érode En familier A mon tour j’essaime le silence : L’aigrette du pissenlit De mon souffle embrumé recevra son plumage Et…

Moisson

    Le temps s’en vient comme qui possède des champs barbus d’or en abondance et ne songe à faucher que pour qu’un peu de suc au bout de chaque tige cristallise en miel l’ininterruption     Time is coming as who has fields of bearded gold in abundance and thinks of mowing only so…

Quetzalcoatl

    La brise froisse à peine l’ourlet de mon rêve Le silence est ardent A l’Occident fulmine un symbole inconnu Fendant le bouclier riveté de la nuit Dérive magmatique Cuirassé de consonnes un dieu étranger Le feu de ses écailles a fauché les étoiles Et sous le vent de ses plumes s’ébroue Un peuple…