Petites joies du jour.

Il fait beau, sinon chaud (faut pas rêver), et j’ai passé pas mal de temps à quatre pattes dans la “pelouse” avec le long sécateur, celui qui sert à tailler les haies (c’est marrant, je connais les noms des outils de jardinage en anglais bien mieux qu’en français !). Eh oui, la tondeuse a rendu l’âme il y a quelques semaines, et on est en pleine période de pousse – aux grands maux, les grands moyens. Ce mois-ci, y a plus de sous pour acheter une nouvelle tondeuse, de toute manière.

Je suis assez satisfaite du résultat, à vrai dire. Et un des plaisirs de la tâche a été d’imaginer ce que devaient penser les voisins, à voir la voisine chinoise le derrière en l’air en train de tailler des brins d’herbe avec un sécateur. Sûrement une habitude de là-bas. En Angleterre, on respecte les pratiques culturelles des sauvages.

Autre joie : j’ai maintenant la preuve que les renoncules ne vont pas seulement produire les touffes de feuilles d’un intérêt très limité auxquelles elles m’ont habituée ces derniers mois, mais aussi des fleurs ! Voyez vous-mêmes !

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Dans la série des promesses du jardin :

  • Le rosier nain de chez Marks and Spencer offert par Tante Shelagh, planté au hasard pour voir s’il survivrait et qui porte un tas de boutons de fleurs :

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  • Les alliums les moins pressés de la Terre (Allium Christophii) :

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  • Les cosmos (cf. Sakura et Ino) :

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  • Les lys jaunes choisis par mon fils à Sainsbury’s (qui est un supermarché – ces lys pourraient bien se révéler d’une autre couleur – drame) :

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  • L’oeillet miniature (Alpine Dianthus Starburst) (si, si, cliquez, vous verrez les boutons) :

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  • Le chèvrefeuille rose qui se réveille (groggy, car les pucerons sont déjà là) :

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  • Et surtout une langue d’agapanthe émergeant alors que je la croyais morte !

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Mais pourquoi diable cette raseuse nous montre-t-elle des plantes sans fleur ?

Eh bien c’est le stade que je trouve le plus excitant. On ne sait pas à coup sûr, après tout, si une plante va donner des fleurs, quels que soient les soins qu’on lui apporte. L’apparition des boutons est pour moi l’occasion d’un petit feu d’artifice intérieur et d’un soulagement. Ouf, maintenant, c’est sûr, ça va venir, il ne reste plus qu’à attendre !

Enfin, tout dépend, il reste toujours les ennemis jurés et leurs oeuvres diaboliques :

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Finissons malgré eux sur une note positive : pour une fille des villes, voici une vision réjouissante.

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Et le plus drôle est de voir mon fils qui, après avoir examiné les fraises, fait un tour de 45 secondes dans le jardin puis revient me déclarer : “Maintenant, elles sont rouges, Maman, on peut les manger ?”

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A la découverte de Gardeners’ World.

Varicelle, quand tu nous tiens ! Hélas, la mauvaise humeur de ma fille me condamne à rester assise dans le fauteuil – si je vais dans la cuisine, ça râle, si je vais dans le jardin, encore pire.

Je viens donc de passer deux jours (ou trois ?) à regarder des épisodes de Gardeners’ World sur la BBC.  Ma nouvelle idole est donc Monty Don et j’en viens à me demander comment j’ai pu vivre tant d’années sans lui. Pour ceux qui ne le connaitraient pas (je veux dire pour vous autres mes compatriotes, car il est impossible qu’il se trouve un Britannique qui ne connaisse pas Monty Don), le présentateur de cette fameuse émission de jardinage de la BBC – que dis-je, de cette institution nationale – est un grand type bien bâti, bientôt sexagenaire, et heureux propriétaire d’un magnifique jardin qui doit faire 100 fois la taille du mien. Wikipédia m’apprend qu’il n’est pas un jardinier professionnel, mais qu’importe, puisqu’il prend merveilleusement la pose, un pied sur la pelle, le visage buriné juste ce qu’il faut, à la manière des cowboys des pubs Marlboro de mon enfance. J’oublie le chien au poil luisant installé à ses côtés, prêt à bondir à sa suite le long des allées.

Enfin, ce n’est pas pour son look que je le regarde – ah, si seulement j’avais su plus tôt que faire de mes tulipes après la floraison, ou comment réunir les conditions idéales à la culture des agapanthes !

J’espère, cela dit, que l’humeur de ma fille va rapidement s’améliorer, car j’arrive à la fin de la série et n’ai aucune intention, malgré les supplications de mon fils (ou ses ordres), de regarder les courses automobiles.

En attendant d’avoir plus de liberté de mouvement, je rêve des plantes que je devrais recevoir dans une dizaine de jours et qui, je l’espère, arrangeront l’aspect désolé de mes parterres où se dressent lamentablement les tiges des tulipes dont les fleurs ont passé. En voici la liste, pour le plaisir d’égréner des noms de plantes, auxquels je trouve une qualité musicale (et puis c’est rigolo comme un semblant de latin donne au jardinier débutant et ignorant que je suis le sentiment de faire partie du club) (et tiens, cette phrase me fait penser à une amie féministe, quel est le féminin de jardinier ?) :

Brunnera macrophylla Jack Frost

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Astilbe Rheinland.

© Royal Horticultural Society

Heuchera Beauty Colour

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Hosta June. 

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© Peter Laughton

Hosta Clifford’s Stingray

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© Peter Laughton

Helleborus Blue Metallic Lady

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© Peter Laughton

Hepatica Transsilvanica Blue Jewel

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© Peter Laughton

La plupart de ces plantes ont été choisies pour leur feuillage. Il me semble que choisir une plante pour ses feuilles et non plus pour ses fleurs est un signe de maturation pour un nouveau jardinier. Je m’autocongratule donc. Je sais que je serai moins fière dans quelques temps : certaines de ces plantes sont les mets de choix des gastropodes haïs qui se fichent ouvertement de ma figure.

N.B. Je précise que les photos viennent du site Plantify.co.uk où j’ai acheté les plantes (y compris mes érables).

P.S. Je crois avoir trouvé le titre du blog. La photo d’en-tête est d’une allée à Mount Ephraim’s Garden, un merveilleux parc pas loin de Canterbury.

C’est la Bérézina.

Not feeling on top of anything today. My daughter is suffering very badly from chickenpox and has been screaming for most of the day, starting at 2 am last night. Her father has been running between chemist shops to find creams and antihistamin drugs.

On the gardening front, I have finally accepted that the sowing of various annuals some weeks ago is probably going to fail. The Cosmos (cf. in Naruto, that moment between Sakura and Ino) have come up but are losing their battle against snails. The Nemophila 5 spots are in the same situation. And of the Love-in-a-mist, there is no sign. (Which makes my going up to the nusery even more painful as I stare with envy at the neighbours’ beautiful borders filled with bearded irises, rose buds, alliums (mine take so long to open, I may be dead before there is anything to see), clouds of blue Love-in-a-mist – I’d better stop here). On the other hand, weeds are doing wonderfully in my garden, and another type of aphids has infested the pink honeysuckle.

But I haven’t given up hope. Having gone to Sainbury’s for a ready meal, I came home with yellow flowers (my son’s favourite colour, he wouldn’t let me buy them otherwise) : yellow lilies and lupin. It’s my second attempt with a lupin – as usual, it was bought for its name : some of you may also have read the wonderfully illustrated Fleur de Lupin by Binette Schroeder as a child. If you have, it is unlikely you have forgotten it.

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© Ecole des Loisirs

Also, a pink dianthus. Not surrendering yet !

(Yes, I realise I am doing it again : buying random things to fill holes in the flower bed, a course of action which is unlikely to create harmony, especially with the Japanes maples in the middle of it. But I accept that I am only a beginner and that it will take time before I get an idea of what I should be doing.)

Slugs and snails and puppy dogs’tails

So. Slugs and snails. Well, there’s not much to say, really. I think I am losing the battle.

I tried the nasty pellets, but wasn’t too happy about it. I am not super green, etc, but if you can avoid using nasty stuff, why not try ?

So I purchased copper tape for the pots and some “large” copper rings for the delphiniums and other plants which are in the ground.  Copper deters slugs and snails as it produces a slight electric shock when in contact with their mucus.

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Then, I read that 90% of slugs live underground – what would stop them from creeping inside the ring from underneath ? I had to find something else.

I discovered nematodes. They are microscopic parasitic worms and some of them will infest slugs. They come as a fine powder that you mix with water and apply to your soil with a watering can. The worms can provide you with up to 6 weeks of protection (which could well mean one week). Nevertheless, I felt super clever, super green, one step ahead of the molluscs. I followed the instructions as well as I could. I would no longer stay awake at night worrying about slugs !

And then, I discovered that most of my plants are eaten by snails. Big snails. And nematodes don’t work on them.

Things got worse when I found one enormous snail hiding under one of the blue hydrangea’s leaves. The blue (now turning pink because of our hard water) hydrangea is in a pot on which copper tape has been applied. (Yes, I know, I bought a plant that was forced, it is evil, etc.)

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And another big snail on the delphinium which is in the middle of a copper ring (this is direct provocation, right ?), with no leaves overhanging or forming a bridge which the pest could use to sail inside the ring. Right. OK. Stay calm. Maybe, I need to clean the copper on which the rain has splattered some earth.

Anyway, I resorted to ecoterrorism again, using blue pellets. I try to use them sparingly, but still, not very satisfying. What I feel, is that I could probably get in control of slugs and snails if I was consistent and determined. But I am lazy and easily discouraged. Oh well.

I also found loads of aphids on the red climbing rose today. And I am wondering whether I should spray them, fearing that they might infest other plants, or leave them be (the climbing rose is far from the house), hoping for ladybirds to visit my garden. The truth is, I should wear some gloves, be brave, and crush them. But that is disgusting. I think I might actually hate aphids more than cockroaches. Anybody who has read Les Fourmis by Bernard Werber understands me. OK, it is not good literature, but is entertaining, and made me consider ants (and aphids) differently.

On a rather better note, I noticed that some shoots are coming from the Anémones de Caen little “bulbs” I planted some time ago, thinking they would never work as they like good drainage, and I have clay. OK, shoots don’t mean I will get any flowers, but it is still good news. Better than my lilies of the valley, which never showed up. 🙂 Let’s not sin against Hope.

And hopeful I certainly am, for I have planted a 50 p climbing rose from Poundland today. I don’t expect much of it, but I like to give everything its chance (providing they are not pests) (or weeds).

Katsura

Mon post d’hier aurait certainement eu plus d’impact avec quelques photos. J’ai donc le plaisir de vous présenter les nouveaux hôtes du jardin, autour desquels il faudra recomposer les plantations. Ils sont encore très petits, sauf Acer palmatum Osakazuki, que voici.

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On le choisit car c’est le Prince de l’automne, ses couleurs d’octobre sont parmi les plus vives. On me dit que son nom signifie “aux feuilles semblables à une tasse de saké” en raison de leur légère incurvation.

Acer palmatum Redwine, le premier que j’aie acquis. Ses feuilles sont de couleurs variées selon leur âge, avec une dominante bronze. Je n’ai pas pu résister à le mettre en terre.

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Celui-ci est Acer palmatum Shaina. Je ne sais pas d’où vient son nom. Je l’ai choisi pour sa couleur rouge, bien sûr, qui doit apporter un contraste aux feuillages verts, mais aussi car Shaina est le Chevalier du Serpent dans Saint-Seiya. (Je ne vais pas me lancer sur ce sujet… not today, not next week, maybe not ever. Je ne saurais par où commencer et comment m’y prendre. Saint Seiya est mon petit mythe fondateur personnel).

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Le fameux Acer Shirawasanum Aureum, Fullmoon Golden maple.

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Dès que j’ai vu une photo de son feuillage sur Internet, j’ai su qu’il me le fallait. Le mien est encore tout petit, mais attendez voir, il atteindra toute sa gloire, dussé-je en périr ! Je suis sortie tout à l’heure, après le dîner, pendant la vaisselle,  et pour petit qu’il fût, il resplendissait d’une lueur verte, presque fluorescente, dans la pénombre grandissante.

Voici enfin Acer palmatum Katsura.

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Je l’ai choisi après avoir vu des photos des ses feuilles bordées de rose, délicates comme des fleurs, mais aussi, comme Shaina, en raison de son nom. Katsura est le nom japonais d’un autre arbre, Cercidiphyllum. C’est aussi, bien sûr, celui de la Villa impériale Katsura près de Kyoto, que je rêve de visiter un jour. Or, voici comment j’ai découvert son existence, dans l’adolescence : en tombant sur une carte postale que ma mère avait reçue d’une de ses connaissances. La carte reproduisait un tableau que cette amie avait vu lors d’une exposition.

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Villa impériale de Katsura au printemps, de Bernard Cathelin.

Lorsque j’ai posé les yeux dessus, quelque chose s’est passé. C’était comme… une vitre qui se brise. Des yeux qui se décillent. Les écailles du dragon blanc qui s’éparpillent dans le vent, au moment où Haku se souvient de son nom, dans Le Voyage de Chihiro. Une porte s’est ouverte. J’avais l’habitude de regarder des photos de tableaux célèbres, dans des livres d’art ou des magazines (je me rappelle une série sur les grands musées du monde qui accompagnait les numéros du Nouvel Observateur auquel mes parents étaient abonnés dans mon enfance). Je me contentais de les trouver beaux ou pas. Mais là… Il ne s’agissait pas du tout de ça. J’étais accrochée. Crochetée par le dedans, et de tout le corps. C’était comme le choc de l’évidence. Ou encore, comme une reconnaissance, une réminiscence. Peut-être du même ordre que dans le coup de foudre, où l’on tombe en arrêt devant quelque chose de soi-même, que l’on ne connaissait pas, et dont une autre personne se révèle le vecteur nécessaire. Les couleurs, la violence du contraste, les proportions ? Aujourd’hui encore, je ne sais pas trop. C’était juste, ce jour-là, la rencontre avec une face de la perfection.

Il y a beaucoup de choses, comme ça, japonaises, ou qui parlent du Japon, qui me font cet effet, que je reconnais. Je ne sais pas pourquoi. Je ne suis pas Japonaise, je ne suis jamais allée au Japon, j’ai abandonné mon très bref apprentissage de la langue quand mon fils est né. J’ai quelques connaissances japonaises, avec lesquelles j’ai des échanges limités en raison de la barrière de la langue et de codes culturels différents. Aussi ne suis-je pas en mesure d’expliquer ni même de comprendre ce lien avec le Japon, qui existait déjà quand j’étais enfant, avant que la mode du Japon ne soit devenue la déferlante qu’elle est à présent en France. Et pourtant, il existe, et est l’une des constantes de ma vie – je dirais même ma note fondamentale, plus certaine que mes choix politiques ou moraux et même que ma foi. Pour un peu, je croirais presque aux vies antérieures !

The Japanese maples have arrived.

Arrivée des érables. Rien que leur nom est un enchantement – ce « a long », trainant, qui s’allonge comme branche sous la brise.

Depuis quelques jours, je m’inquiétais de ne pas avoir assez de place pour les planter, je me reprochais d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre, comme d’habitude. Je me disais, tant pis, j’en renverrai un. Je prenais conscience que planter des arbres dans un jardin n’est pas un geste anodin – il ne s’agit plus de jonquilles ou d’iris !

Croissance

Concrètement, c’est un investissement en espace et en argent. Si on le met en terre, ce qui me paraît préférable, il faut prévoir large, l’imaginer dans la splendeur des décennies à venir, déployant sa canopée à des mètres à la ronde et un réseau de racines plus étendu encore. Pour moi qui ai un tout petit jardin, l’achat de cinq érables, je le reconnais, relève de la folie douce ou de la mégalomanie la plus stupide, c’est selon. Ah, mais, pour ma défense, ce sont des érables du Japon, acer palmatum. Leur croissance est lente, et ils se prêtent à la taille, puisqu’on peut faire de certaines de leurs variétés des bonsaïs. Cela dit, tailler un érable de manière à respecter sa grâce naturelle est un art que je ne suis pas sûre de maîtriser à l’avenir.

Enracinement

Surtout, l’arrivée de ces arbres me fait m’interroger sur ma relation à cette maison. Nous y vivons depuis deux ans, ma fille est née dans le salon (littéralement), mon fils va faire sa rentrée dans l’école du quartier. Mais, rien à faire, je ne me sens pas enracinée ici. Est-ce parce que ce n’est pas mon pays ? Je ne crois pas. Apres avoir vécu quatre ans en Angleterre, je prévois que rentrer en France me sera difficile. On s’habitue à un autre mode de pensée, de nouveaux codes sociaux… enfin, ce serait le sujet d’un autre post. Pour revenir à nos moutons, je voudrais pouvoir emmener mes arbres avec moi quand je partirai. Ca tombe bien, les érables du Japon peuvent vivre heureux dans de grands pots, si l’on ne rechigne pas à les soigner – les arroser, les rempoter, tailler leurs branches et (rarement) leurs racines. Pourtant, quand je les regarde, dans leurs pots, ca me démange, j’ai une envie viscérale de les mettre en terre. L’art du bonsaï n’est pas pour moi, j’aime que les êtres vivants prennent leurs aises (sauf les humains dans ma maison qui ont intérêt à quitter leurs chaussures… bref…). Et puis je me sens mesquine – quoi ? Pourquoi ne pas les laisser aux prochains occupants de la maison ? C’est quoi cette cupidité, cette possessivité ? Et qui me dit que j’aurai un jardin dans mon prochain logement ?

Dépaysement

Je songeais hier, dans mon post, à la construction du jardin idéal (tiens, je me sens très facteur Cheval, en ce moment) et à la manière de composer avec le cadre dont j’ai hérité. Je ne suis pas près d’y parvenir. Après avoir planté en un joyeux fouillis mes tulipes, mes alliums, les rosiers nains offerts ou récupérés d’autres membres de la famille qui ne voulaient pas les jeter, etc… VLAN ! Voici que je fiche en plein milieu de tout ça un arbre qui ne souffre pas le désordre et symbolise à lui seul la grâce et l’harmonie.

Le voilà, debout au milieu du parterre, entre les tulipes échevelées. Il conjure dans la dentelle de ses feuilles et le ploiement caractéristique de ses branches des visions de jardins japonais – perfection immobile, évidence qui réduit au silence.

Et tout autour, mes semis à demi levés, mes pots de pensées en fin de parcours, tout ce brouhaha et ce remue-ménage…

C’est bon, tout ça devra lever le camp, tout est à recommencer.

Introduction to my little garden and a discovery for me.

Hello again. Well, this blogging business was first suggested to me by my husband, amused by my newly found passion for growing things and fighting slugs and snails (a battle which I am losing). So, a gardening blog this will be, most of the time. It could be entitled : “The ignorant and hopeful gardener”. I apologise right away for this long and boring post.

I live in a little terraced house and my north-facing (alas) garden is very small. When we moved in two years ago, it was a lovely low maintenance garden, with established shrubs, lots of ivy covering (and supporting) the fence, ferns and grasses. Some plants forming the hedge might have been chosen to deter burglars, like the firethorn or a big climbing red rose with fierce claws. As for (visible or noticeable) flowering, the neighbour’s magnificent wisteria was covering the shed’s roof, fighing for space with the exuberant honeysuckle (a true Miyazaki monster, see picture). There is a forsythia, the aforementioned climbing rose, two hebes, a potentilla fructicosa (or so I believe). ImageImage

ImageI did not touch a thing in this garden… until recently. The only thing I did was to try to rescue a miniature rose from M&S which was a gift. I planted it in a random place in the flower bed in front of my house. My in-laws, who are probably the best in the world, came to help and mowed the garden, pruned the shrubs, kept the ivy in check. I, meanwhile, had my pirate daughter and tried to survive.

Last autumn, my father-in-law took me to the garden centre (we are one of those people without a car) and I just thought : I want more colours and more flowers. So I bought bulbs. Daffs, Irises, tulips Angelique, alliums, crocuses, fritillaries. And an hellebore. Planted them more or less randomly. Now it is Spring and I have had a nice display – I mean flowers and colours. I have been buying mixes from various high street shops to enhance my collection with peonies, renunculas, anemones (which won’t work in my clay), agapanthus, aquilegias, lilies, acidantheras, bleeding hearts. Most of them have not flowered yet.

Now here is the thought : I believed I wanted a cottage style garden, informal and flowery, like most of my neighbours’ plots. And only by planting did I realise it was not going to work. Indeed, I have inherited a relatively formal setting where there is limited space available for planting. With young children, I can’t sacrifice the lawn yet. And I have neither the means nor the time to change the whole layout. So, I can’t change the whole thing, and I don’t see it working as a cottage garden. I want something else, which would work as a whole, a beautiful ensemble. All this, with me being a complete beginner and an impatient ignorant.

I realise now that what makes this apprentissage so interesting is the emergence of an intellectual, if not conceptual, process in the way I envisage the garden, its cultivation and my approach to it. My father-in-law had drawn my attention to the fact that gardening is not at all a communion with nature of some sort, as we are constantly fighting bugs and weeds, diseases and what we perceive as ugly shapes. But it isn’t either an physical outdoor activity which will give your tired mind a desired rest. No. I slowly realise that my garden is like the sheets of paper where, some years ago, I had to answer a question and lay down a dissertation (in three parts and nine subsections – yes French schools). How to achieve that harmonious and meaningful composition ? The flowers are individually pretty, but together? Moreover, just as in an essay, where the teacher is trying to determine whether you can think on your own and form an opinion which is not just borrowed from some famous book, you want your garden to say something relevant and personnal.

Now all this is obvious for anybody who has any gardening experience. For me, it is a discovery and I must say I am a bit disappointed. I thought that planting anything, waiting and then witnessing its awakening and the unfolding of its mysterious beauty would be a simple and unshaded joy. Now things have to be grown not for themselves, but as elements of a abstract plan, colourful reflections on an immaterial dream (I know, dreams are immaterial, right?). As a result, I’ll always be disappointed, even if my skills were great.

That’s not even mentioning my “coup de sang” for the Japanese maples (which should arrive tomorrow… please). Japanese maples are like a dream. That, as well as my losing battle against molluscs, will have to be treated another time. Again, apologies for this long post.