Février file avec son ciel où s’abreuvent mes mots… Et je n’ai pas le temps. En guise de caillou blanc, ce poème écrit en février dernier.

 

 

Lui

un peu ivre
(là-bas !)
qui pousse contre le vent
ses paumes décuplées…

… voilà que février nous le rend
les paupières brûlées et le sommet du crâne

pendu

à l’ombilic du ciel

si bien
que l’ombre de midi de part en part le perce
roide
comme sève au printemps

Frère du cachalot
ou de la chauve-souris
mais dans l’aboi du jour surpris avant son fard
écoute-le lancer de la rive encor noire
le cri de l’aube unique –

le voilà
qui tire de l’obscur
dans un filet d’échos
la somme de la terre :

voies d’eau et voies de pierre
inextricables sèves
racines et prières
patiences et révoltes de l’ombre assoiffée
humaines fourmilières

Or bien que trébuchant son pas est sans poussière.

L’infaillible pesanteur
de la chair qui se tient en son exacte faim
il l’embrasse sans crainte
comme un enfant à naître

et la mort
cœur battant de l’amour
la mort
combustible solaire

Une
à
une

ses vertèbres tiennent

au fil à plomb de la transcendance

 

 

 

3 thoughts on “Portrait en fil à plomb

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