Ton pays

J’ai vu ton pays de fièvres basaltiques
Suspendu aux ailes d’un archange

D’un même élan
Les humeurs de la Terre faites sanctuaire
Toitures accotant de l’épaule les cloches
Sous le pont le courant sur le fleuve la pierre
Aérienne –
Et toi le long de l’eau
Arpentant au matin les rives du sommeil

J’ai reconnu les paupières mi-closes
Veillant encore veillant
Des chapelles passant au fil de la prière
Les larmes et la nacre des siècles
Insomnie d’yeux limpides jusqu’au Jugement
(Veillant encore veillant)

Tandis que dans la nuit
Sur la table de pierre des seuils et des autels
Comme aux marches des parvis
Le fin soupir du temps exhale sans regret
Le phosphore furtif des âmes :
Vers la pente du sud certaines s’entrebâillent
Sur l’aube où écloront la conque et le Chemin

Puis au matin – à tous les murs
Les crêtes où s’aiguise rai à rai
La perception qui me tient lieu de conscience

Si bien que déliées des coûteux artifices
Par l’allégresse du monde
Nous pourrions maintenant
Marcher ensemble vers le bout du pré

Chaque épi chaque fleur se souvient de la neige
Où s’abreuve le sourire éternel
De sorte que l’oubli ne nous condamne plus
Ni même l’oubli de l’oubli

*

(En quittant Le Puy-en-Velay)

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Author: Frog

Writing and gardening between England, France, and an often-dreamt Mediterranean.

13 thoughts on “Ton pays”

    1. Merci Esther ! Ce que la Haute-Loire est belle ! C’est une région que je connaissais peu. J’espère que tu as passé de bonnes vacances, que tu as pu te ressourcer. 🙂

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