Le dos à l’Ile

A Joséphine

Que la route te soit belle
Comme tu remontes le printemps
Légère, c’est promis
D’amandier en peuplier
Vers un pays de noirs mélèzes

Sème derrière toi
L’éclat des oliviers
La mélodie des pins
Tresse leurs parfums
Que je suive ta route

Les brumes du Nord
Tendres et traîtresses
Sous ton pas feront éclore
De la Mer que nous aimons
La très vieille chanson

C’est l’hymne qui nous rythme
Au coeur et dans les doigts
Modulant obstinée
A nulle autre blessure
Pareille, la trouée

De la Mer Intérieure
– Mémoire faite vagues
Matrice des légendes
Inextinguible bleu
A l’âme et aux yeux

Advertisements

7 thoughts on “Le dos à l’Ile

  1. Je l’aime beaucoup. Je crois que c’est à la fois pour son rythme et son dépouillement. Je l’ai relu plein de fois. C’est un poème qui fait du bien. (Un de mes préférés chez toi, avec “Lullaby”, et “A l’ombre de ta force”).

    Like

    1. Je suis contente de te trouver ici ! 🙂 Et touchée qu’il te plaise. Oui, il est tout simple, et léger. Il est venu cette nuit et je n’ai pas pu le laisser attendre, il fallait que je l’écrive. C’est pour une jeune femme qui quitte la Sardaigne et va vivre à Berlin. Moi, j’ai hâte d’avoir tes recueils.
      Sur la simplicité des poèmes, je crois qu’elle s’impose ou au contraire se refuse, sans que j’y sois pour quoi que ce soit. Je suppose que c’est pareil pour toi ?

      Like

      1. Pas facile de répondre. Oui, il y a souvent “quelque chose” qui s’impose. Et la nécessité d’y être fidèle. Je crois qu’on sent quand un poème est fidèle à ce qui s’est imposé, ou bien quand son auteur a “voulu écrire”. Il y a une poétesse un peu trash qui s’appelle Pénélope Corps, qui a intitulé son blog: “J’écris pas”. Cela peut paraître prétentieux d’une certaine manière, ou alors trop désinvolte. Mais en l’écoutant dire ses textes à voix haute, j’ai bien compris : elle veut dire qu’elle se laisse traverser, qu’elle n’est pas dans l’intention d’écrire.
        Et puis parfois, il y a des poèmes qui demandent autre chose – en fait, c’est plutôt moi qui demande autre chose au poème. Car c’est sans doute ça qui se passe en réalité : j’écris parce que je demande quelque chose au poème…

        Like

        1. J’ai toujours eu la sensation que quelque chose m’était demandé au moment d’écrire un poème. Je n’avais jamais envisagé l’inverse. Maintenant que tu as fait naître cette idée, je vois qu’elle est terriblement vraie aussi.

          Like

  2. Oh merci. Je n’ai jamais reçu quelque chose d’aussi beau, c’est à la fois vivant et éternel. J’aime ces poésies qui chantonnent et suggèrent, comme un coquillage sur l’oreille ou un grésillement de printemps, je ne me lasse pas de la relire.
    Tu es vraiment miraculeuse.
    Je n’ai plus de mots car tu as déjà tout dit de nos échos.

    Liked by 1 person

  3. 🙂 Je suis heureuse que tu l’aimes et surtout de t’avoir rencontrée. Cela fait peu de temps et c’est “virtuel” comme ils disent, mais moi je sais qu’on n’a pas tous les jours ce genre de cadeau. Sais-tu, c’était la nuit et cette vision de toi et ton amoureux dans votre voiture lancée vers le Nord ne m’a pas laissée en paix.

    Liked by 1 person

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s