Au Marché aux Oiseaux

D’abord une enfilade de cages
Puis à l’écart, sur une table, sous une toile
Une fraction de tronc
Quelques départs de branches
Un envers de bonsaï

Le bec fourrageant sous un épis lourd de grains
Et l’aile oblique, faussement sage
(Vois l’éclat mal terni d’un soleil fait de plume !)
Indifférent au jacassement de ses frères
Il t’attendait. Comment, aucune cage ?

Il n’est pas attaché ? Non. A sa patte brille
Un simple anneau doré. Il n’est pas attaché !
Et tes yeux s’écarquillent
Qu’est cette liberté
Qui même au ciel renonce ?

Je te regarde, mon fils, tendre
Amoureux des oiseaux
La joie fait vibrer ton visage
Et ton sourire frétille, ruisseau
Où se mire un instant le rêve d’un envol

Quand une main trop curieuse outrepasse ses droits
L’oiseau répond d’une aile vive
Comme un fouet. Devines-tu
Qu’il faut à l’amitié, plus que feu du désir
Patiente lumière ?

Il faut à l’amitié tes pas à contrecœur
S’éloignant,
Et pour que reste libre la source de la joie
Une cage à ton désir
– Ecoute comme chante l’absence d’un chant

Tout cela il le faut
Mais, promis,
Au Marché aux Oiseaux
Nous reviendrons tantôt

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