Itachi, 100 – Solal, 0

Pendant que le monde fait rage, je lis Naruto, de nouveau. Comme je ne me souviens jamais de l’endroit où je me suis arrêtée l’année précédente, je reprends au hasard. Je lis des shonen par élans, une fois par an en général. Je me lance dans un marathon de chapitres enfilés frénétiquement jusqu’au dernier disponible, et puis je laisse reposer pendant un an, plus ou moins. Ca me prend comme ça, j’ai une envie grandissante de Naruto, ou de Bleach, pas parce que je pense que ce sont les meilleures oeuvres (évidemment !), mais parce que ce sont les titres que je lisais en France, et dont la publication s’est poursuivie.

Je lis, je grince des dents au contact de traductions hâtives qui n’ont ni queue ni tête, je m’esquinte les yeux à tenter de déchiffrer la densité des scènes de bataille. J’ai mal au dos mais je ne décolle pas de mon inconfortable chaise. Mon coeur bat, ma gorge se serre, mon flot sanguin s’accélère, quelque chose ressuscite en moi. J’ai 13 ans, la chape du quotidien me glisse des paupières, mon coeur se gonfle. Il y a des ennemis sadiques, des martyrs, des saints, de faux forts, de faux faibles, il y a, certes, beaucoup de violence justifiée, les méchants finissent par ramasser ce qu’ils méritent, et vive la bagarre au nom de la paix – ce n’est qu’une BD.

Itachi Uchiwa, abîmé dans la ténèbre du sacrifice d’amour, se dresse magnifique comme une tour couronnée de corbeaux au sommet d’une montagne ; le Démon-Renard emplit le ciel de l’insoutenable éclat d’une étoile naissante ; la guerre fracasse le paysage d’un horizon à l’autre ; tout le monde souffre et se tend d’un même souffle, et, renversant les destinées, le simplet Naruto sauve le monde parce qu’il ne peut concevoir le mal. Ca fait du bien !

Et me voilà, à un âge plus que raisonnable, me demandant comment les liens de l’amitié pourront se renouer entre Naruto et Sasuke tandis que, précédée de ma poussette, je cherche un tapis de bain anti-dérapant chez Boots. Et me voilà, chargée de yaourts et de lingettes, tanguant dans la rue parmi les visages de personnages pour gamins de 12 ans, le coeur emporté, le pas enthousiaste, me récitant leurs noms. Il y a probablement des tares dont l’âge ne nous guérit pas. Tant mieux !

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En même temps, je relis Le Silence de la mer, que j’aime ; je n’arrive pas à terminer Frankenstein, que je trouve affligeant, et je continue Belle du seigneur, qui me semble être une comédie très réussie, mais une histoire d’amour peu engageante et assez lamentable. Je suis un peu déçue, comme plusieurs personnes dignes de confiance m’avaient dit le plus grand bien de ce roman – je dois dire que je le lis avec plaisir, et hâte de connaître la chute, mais sans émerveillement. Heureusement, il y a Naruto. A défaut de pouvoir aimer Solal, je peux admirer sans fin Itachi et fantasmer tout mon soûl. 😉

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2 thoughts on “Itachi, 100 – Solal, 0

    1. C’est vrai, ce n’est pas très juste de comparer l’incomparable. 😉 Mais puisque d’amour il s’agit, il y avait quand même un point commun, à la surface du mot. Dans Belle du seigneur, j’en suis au moment où Solal s’ennuie à mourir, emprisonné dans sa relation avec Ariane, dans cet hôtel de la Côte d’Azur. C’est bien fait pour eux ! 😉

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