Deux traductions du « Roi d’Asiné » de Georges Séféris

Je me permets de partager un article du blog “Brumes, blog d’un lecteur”, que je suis. Il contient deux traductions du Roi d’Asiné de Georges Séféris, et une introduction qui décrit bien mieux que je ne saurais le faire le sentiment d’être révélé à soi-même par les mots d’un autre. J’ai moi aussi partagé cette expérience saisissante et rare, en découvrant d’autres poèmes de Séféris dans mon adolescence. Merci à l’auteur de Brumes.

Brumes, blog d'un lecteur

temple

« Il y a un “rien”, un “vide” tonifiant qui vaut plus que l’apparente opulence.»

G.Séféris

En découvrant LeRoi d’Asiné, un des plus beaux poèmes de Georges Séféris, j’ai ressenti immédiatement une étrange convergence entre ce texte et mon expérience personnelle. Certains passages rejoignent ma sensibilité, tant historique que littéraire, à un point que je n’ai presque jamais ressenti auparavant. Ce sentiment de proximité extrême, de mise en mots d’une émotion précise, est rare – pour un lecteur, s’entend. On peut aimer tel ou tel poème, tel ou tel poète, l’admirer hautement, le placer au pinacle des accomplissements d’une civilisation sans se sentir ébranlé, sans, surtout, se sentir dévoilé et révélé à soi-même. J’aime Coleridge ou Goethe, Baudelaire ou Segalen, Verlaine ou Jaccottet, Auden ou Reverdy, Nerval ou Luzi, mais en les lisant, même avec un profond respect et une non moins profonde admiration, je ne me lis…

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One thought on “Deux traductions du « Roi d’Asiné » de Georges Séféris

  1. Je me souviens de ce sujet de notre professeur de philosophie : “Comment une parole parle-t-elle?”
    J’ai souvent, souvent, pensé à cette question, pour moi sans réponse.
    J’ai beaucoup aimé la page de blog que tu cites.
    Mais il y a encore autre chose. Une parole nous parle à un moment donné ( et encore faut-il que le moment soit donné…)
    Tel poème de Char, que j’ai dû lire sans le voir, il y a 15 ans, m’apparaît aujourd’hui dire tout ce que je perçois soudain de l’éveil de la conscience.
    Et tout ce printemps, pensant à Perceval et à Tristan, à Proust : comment les textes font-il pour savoir?

    Et comment Séféris fait-il pour savoir qu’il y un “rien”, un “vide” tonifiant qui vaut plus que l’apparente opulence? Si cela est vrai en dehors de nous, c’est vrai aussi en nous, dans le fait tangible que ce qui vibre en notre corps même est ce vide, au sens physique du terme. Et que c’est précisément dans ce vide, dans espace, que réside notre énergie et notre liberté. Mon maître m’a promis le vide – ou plus exactement, il a essayé de me prévenir, comme on prévient quelqu’un qui va être obligé de faire une expérience douloureuse que l’on connaît et que l’on ne peut l’empêcher de faire. Mais grâce à Séféris, je n’ai plus peur du vide.

    Au moins pour le moment.

    Domo arigato gozaimashita Quyên!

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