Sous la table

A quatre pattes sous la table je ramasse
Les reliefs de la bataille
Des miettes de désirs
Des tessons de colère

J’étends le bras pour ramener d’un peu plus loin
Quelques injures ravalées
Une gifle avortée
Mon appétit en cendres

Or me voici au centre
Des quatre ombres obliques des colonnes du temple
Et si je me penche
Le vacarme s’estompe

O doux recueillement de la poussière
Retraite aveugle et sourde où je respire
Mes paumes puisent à terre une paix oubliée
Je partage d’Antée les racines profondes

(Car telle était sa force
Demeurer un enfant
Mais pour moi il n’est plus temps)

Le temps cesse son décompte
Sous le poids du noyer les cris éparpillés
Comme à l’approche de la nuit
Dans ma tente en silence viennent se ranger

Et la bataille glisse au bord de ma mémoire
Abîmée dans l’oubli
De n’être personne je suis reconnaissante
Une lampe s’allume
C’est la paix du soir

 

 

 

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3 thoughts on “Sous la table

  1. Que je partage, Quyên, ce que tu dis. La tension du soir. La fatigue d’être l’adulte. Malgré mon “bain des enfants”, je vois exactement ce que tu dis. Et “la paix du soir”, quand les enfants vont se coucher, est sacrée au delà de Tout!
    Mais notre regard assagi et le bain des enfants adoucissent, il me semble, certains soirs qui s’en trouvent bénis.

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