L’exilé

Tentative en souvenir de Séféris.

“Où que me porte le voyage, la Grèce me fait mal.”
Ainsi l’exilé porte-t-il dans son bagage
La mémoire et l’oubli également fatals
Et ses visions enfouies au fond d’un silence hivernal.

Il tient en équilibre entre des pensées sages
La charge d’aujourd’hui, le souci de demain
Et le poids des années tissant au long des âges
Le sillage éloignant le coeur errant de son mouillage.

(Mais certains jours la lutte est vaine
Entre les toits l’été s’annonce
Et l’exilé quittant sa peine
Au labeur de l’oubli renonce)

Aussitôt le Soleil heurtant la mer d’airain
Le sourire innombrable des vagues rallume
Parmi les îles bleues éclaboussées d’embruns
L’Eté aux yeux de sel crie son péan, écho sans fin

Et la Terre au Soleil s’offre comme une enclume
Les rayons s’abattant pulvérisent dans l’air
Les vivants et les morts que l’ivresse consume
Et sous le ciel ardent les pierres sèches craquent et fument

O Pays minéral, ô vertige solaire !
– Sur des chemins lointains appesantis de brume
L’exilé ébloui fredonne solitaire
Sa lamentation incandescente et douce-amère.

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2 thoughts on “L’exilé

  1. Merci Chloé ! Je suis en train de lire les tiens (et en fait, j’en connaissais quelques uns, c’est vrai), et je dois dire que je les trouve très beaux et parfois d’une précision magnifique.

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