Février

 

Le ciel est tissé de lumière
A travers les champs célestes
Voguent des voiles de fête
Et fusent les flèches solaires

Sous l’obscur velours des paupières
L’incandescence demeure
La forteresse intérieure
Est éventrée – tout est offert

Les secrets que l’ombre resserre
Désirs, songes et pensées
A travers ciel projetés
Se dissolvent dans la lumière

Sur tes iris de métal clair
Tes paumes de pierre polie
Toute tristesse abolie
Je reconnais le printemps vert

Par tous les pores de ma peau
Moi qui oubliais de vivre
Comme au zénith l’oiseau ivre
Je file au son du chant nouveau.

Illustration de Georges Lemoine.
Vous pouvez lire un entretien très intéressant avec l’illustrateur ici.

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4 thoughts on “Février

  1. Alléluia! Les vers 7 et 8 surtout m’ont remué l’âme. Pour moi, c’est le coup de lance au coeur du Christ. Merci pour ce poème.

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  2. Je me souviens que tu disais aimer que Février soit clair et froid. Je me souviens de toi le disant dans la cour du lycée sous les vieux arbres encore nus, sous le ciel limpide.

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  3. Pour t’être fidèle, je cherche des textes de février dans La Seconde semaison de Jaccottet.

    “Dans les branches presque blanches, presque brillantes, du figuier (couleur de cendre claire, gaie? miroitements de la lumière d’avant-printemps); dans ce bâti clair, le chant du rouge-gorge, plus clair encore.
    Quand le jour est comme de l’eau. Le soleil même, prudent comme de l’eau.
    Peu de nuages, sans poids, blancs eux aussi. Epars, lumineux, accentuant, au lieu de la voiler, la lumière. Insouciants. Comme s’ils étaient les traces en plein jour d’un feu d’artifice, ou d’un bouquet haut jeté.
    Les bois sont de la lumière ramifiée.” (p.48-49)

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    1. Merci beaucoup, beaucoup pour ce texte ma Chloé, et d’avoir pris le temps de le chercher, et celui de le recopier. Je pensais justement à Jaccottet, et à M. Marçais (je ne sais plus comment s’écrit son nom). Il décrit si bien février ! Le jour “comme de l’eau”, les nuages qui accentuent la lumière, les bois : c’est cela ! Pour le soleil, je ne le perçois pas comme ça. Je le trouve blanc, pur, tranchant, aigu. Comme une note, en fait, une note unique et suffisante.
      P.S. Envoie-moi encore de tes poèmes ? Je n’en ai jamais assez.

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