Une suite au Trente-cinq Mai ?

Mon assiduité sur ce blog laisse fortement à désirer. C’est pourtant un blog sans queue ni tête, et si la saison ne permet pas de poursuivre de loin en loin, comme je l’ai fait au début, la thématique du jardinage, on pourrait croire qu’il me resterait suffisamment de choses à dire ou partager avec mes quelques lecteurs. Eh bien non. J’ai le plus souvent la tête vide ou pleine de choses qui ne méritent pas d’être écrites, même sur un blog sans queue ni tête lu par un tout petit nombre de personnes. Il y a aussi d’autres sujets qui me travaillent beaucoup (en politique et en religion principalement) mais mériteraient d’être traités avec bien plus de sérieux que ce que je fais dans ce blog. Quelles sont mes excuses ?

– selon l’enfant, je change des couches, fais faire un peu de lecture, construis des voitures en Lego, et quel que soit l’enfant, je lave, nettoie, astique et frotte après avoir allumé la télé.

– nouvelle résolution : je fais du vélo d’appartement tous les soirs, dans l’espoir d’augmenter la proportion de la masse musculaire dans mon poids total (bon, d’accord, je voudrais perdre la graisse emmagasinée depuis ma dernière grossesse, sans avoir à suivre de régime, voeu pieux s’il en est).

– je lis en même temps et par conséquent à un rythme d’escargot Illusions perdues (pour la troisième fois), Du Côté de chez Swann (idem), une biographie de Tolkien, une oeuvre de Tolkien (Farmer Giles of Ham suivi des Adventures of Tom Bombadil), et garde sous le coude Invisible Cities d’Italo Calvino qu’un ami m’a prêté, que j’ai commencé, qui m’a éblouie, et que j’ai refermé dans l’intention de le reprendre tranquillement quand j’aurai fini les autres parce que je sens que je vais faire une rencontre importante. Je précise que si je lis le Balzac et le Proust pour la 3ème fois, c’est simplement parce que j’ai une mémoire de poisson rouge. Je me souviens mieux du Proust que du Balzac, parce qu’il a eu, lors des lectures précédentes, un impact important, mais ce que je ressens surtout, c’est que je suis capable de l’apprécier d’une manière différente maintenant que j’ai vécu davantage. Je comprends Swann beaucoup mieux, par exemple (euh, oui, je crois à la pertinence de la psychologie d’un personnage fictif, ne vous en déplaise). Et oui, je lis lentement.

– je regarde aussi des séries plus ou moins divertissantes et / ou décervelantes (oui, je regarde Sherlock, mais aussi Revenge et Fresh Meat, et puis Monty Don’s French Gardens qui relève davantage de la réclame touristique que du programme de jardinage).

– ah oui, je travaille aussi un peu quand même, deux jours et demi par semaine, et j’ai un peu de préparations à faire.

Parfois, pourtant, lorsqu’il arrive qu’une sensation particulière et insolite me traverse, il me semble me réveiller et que le monde me fait signe : bouge-toi, il y a là quelque chose à explorer. Et puis il faut ramasser la tétine ou répondre au téléphone, et voilà.

Cette nuit, cependant, j’ai fait un rêve étrange, dans lequel j’avais enfin trouvé ce qu’il fallait que j’écrive. J’étais secouée d’une exaltation et d’une joie que j’avais du mal à contenir. J’expliquais à qui voulait m’entendre que ça y est, je tenais mon sujet. Etrangement, les divers membres de ma famille auxquels j’essayais de communiquer mon enthousiasme n’étaient pas du tout convaincus. De quoi s’agissait-il ? D’inventer une suite au Trente-cinq Mai d’Erich Kästner.

Le Trente-cinq Mai est un roman de littérature de jeunesse (“à partir de 8 ans”, selon la quatrième de couverture). Il raconte les aventures du petit Konrad et de son oncle Ringelhuth, un jeudi après-midi où ils découvrent un passage secret au fond d’une armoire du XVème siècle située sur le palier, et traversent un certain nombre de pays et de cités surprenants, en route pour les mers du Sud (au sujet desquelles Konrad doit faire une rédaction). Ils sont guidés durant ce voyage par un cheval noir au chômage nommé Negro Caballo.

J’ai lu ce bouquin à 9 ans – et pardon au passage, Monsieur Dumoulin, je crois bien que l’exemplaire déguenillé qui se trouve dans mon tiroir appartenait en fait à la bibliothèque de la classe… Je l’ai ADORE. C’était la première fois qu’un livre me possédait de cette manière. Je ne voulais plus en sortir. La réalité était devenue totalement et absolument décevante : pas de 35 mai au calendrier ! Jamais je ne pourrais visiter le Pays de Cocagne, le Château du Lointain Passé, le Monde Renversé, Electropolis (la Ville Automatique) et les Mers du Sud ! Franchement, la vie ne valait presque plus le coup.

Maintenant que je suis réveillée, je ne suis plus si sûre que la suite du Trente-Cinq Mai soit “l’oeuvre qui m’attendait”, mais je suis bien contente malgré tout que mon inconscient reste habité par l’émerveillement causé par ce petit livre. J’ai hâte de pouvoir le faire découvrir à mes enfants et à ceux des amis !

Advertisements

2 thoughts on “Une suite au Trente-cinq Mai ?

  1. On peut lire les mêmes grands livres tout au long de sa vie, ils ne sont jamais les mêmes et changent avec nous. Les livres plus ordinaires restent à jamais égaux à eux-mêmes et sont généralement décevants quand on les reprend..

    Like

  2. Oui, tu as bien raison. Merci de passer sur mon petit blog, Pierre ! J’ai beaucoup aimé les contes de Noël de Crapauds et Rossignols ! J’ai d’ailleurs pensé à toi quand, dans Illusions Perdues, le jeune Lucien apprend que les livres qui sont relégués dans les étagères élevées parce que personne ne les achète sont appelés “rossignols !”. 😉

    Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s