The Japanese maples have arrived.

Arrivée des érables. Rien que leur nom est un enchantement – ce « a long », trainant, qui s’allonge comme branche sous la brise.

Depuis quelques jours, je m’inquiétais de ne pas avoir assez de place pour les planter, je me reprochais d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre, comme d’habitude. Je me disais, tant pis, j’en renverrai un. Je prenais conscience que planter des arbres dans un jardin n’est pas un geste anodin – il ne s’agit plus de jonquilles ou d’iris !

Croissance

Concrètement, c’est un investissement en espace et en argent. Si on le met en terre, ce qui me paraît préférable, il faut prévoir large, l’imaginer dans la splendeur des décennies à venir, déployant sa canopée à des mètres à la ronde et un réseau de racines plus étendu encore. Pour moi qui ai un tout petit jardin, l’achat de cinq érables, je le reconnais, relève de la folie douce ou de la mégalomanie la plus stupide, c’est selon. Ah, mais, pour ma défense, ce sont des érables du Japon, acer palmatum. Leur croissance est lente, et ils se prêtent à la taille, puisqu’on peut faire de certaines de leurs variétés des bonsaïs. Cela dit, tailler un érable de manière à respecter sa grâce naturelle est un art que je ne suis pas sûre de maîtriser à l’avenir.

Enracinement

Surtout, l’arrivée de ces arbres me fait m’interroger sur ma relation à cette maison. Nous y vivons depuis deux ans, ma fille est née dans le salon (littéralement), mon fils va faire sa rentrée dans l’école du quartier. Mais, rien à faire, je ne me sens pas enracinée ici. Est-ce parce que ce n’est pas mon pays ? Je ne crois pas. Apres avoir vécu quatre ans en Angleterre, je prévois que rentrer en France me sera difficile. On s’habitue à un autre mode de pensée, de nouveaux codes sociaux… enfin, ce serait le sujet d’un autre post. Pour revenir à nos moutons, je voudrais pouvoir emmener mes arbres avec moi quand je partirai. Ca tombe bien, les érables du Japon peuvent vivre heureux dans de grands pots, si l’on ne rechigne pas à les soigner – les arroser, les rempoter, tailler leurs branches et (rarement) leurs racines. Pourtant, quand je les regarde, dans leurs pots, ca me démange, j’ai une envie viscérale de les mettre en terre. L’art du bonsaï n’est pas pour moi, j’aime que les êtres vivants prennent leurs aises (sauf les humains dans ma maison qui ont intérêt à quitter leurs chaussures… bref…). Et puis je me sens mesquine – quoi ? Pourquoi ne pas les laisser aux prochains occupants de la maison ? C’est quoi cette cupidité, cette possessivité ? Et qui me dit que j’aurai un jardin dans mon prochain logement ?

Dépaysement

Je songeais hier, dans mon post, à la construction du jardin idéal (tiens, je me sens très facteur Cheval, en ce moment) et à la manière de composer avec le cadre dont j’ai hérité. Je ne suis pas près d’y parvenir. Après avoir planté en un joyeux fouillis mes tulipes, mes alliums, les rosiers nains offerts ou récupérés d’autres membres de la famille qui ne voulaient pas les jeter, etc… VLAN ! Voici que je fiche en plein milieu de tout ça un arbre qui ne souffre pas le désordre et symbolise à lui seul la grâce et l’harmonie.

Le voilà, debout au milieu du parterre, entre les tulipes échevelées. Il conjure dans la dentelle de ses feuilles et le ploiement caractéristique de ses branches des visions de jardins japonais – perfection immobile, évidence qui réduit au silence.

Et tout autour, mes semis à demi levés, mes pots de pensées en fin de parcours, tout ce brouhaha et ce remue-ménage…

C’est bon, tout ça devra lever le camp, tout est à recommencer.

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