Des mots de Rodin

En lisant ce texte de Rodin, partagé sur le blog de Gavroche 60, Esther a eu une pensée pour moi et a eu la gentillesse de me le faire découvrir. Je ne peux que le partager à mon tour. Il pourrait être un élément de plus dans l’exploration de paysages qu’avec Joséphine Lanesem, Aldor et d’autres blogueurs nous avions ébauchée.

“La matière est l’excroissance de l’amour” – voilà ma certitude la plus profonde, et peut-être la seule. Merci à Rodin, Gavroche et Esther.

Gavroche 60

auguste rodinAuguste Rodin n’était pas un écrivain. Ses pages sont rares. Celle-ci fut publiée pour la première fois dans la revue Montjoie “organe de l’impérialisme artistique français”, que dirigeait avant la guerre Ricciotto Canudo. Voici cette page du Maître :

PAYSAGES 

C’est beaucoup sur les routes que je ramasse l’expérience.
J’aime le paysage; seul, je jouis de cette sensibilité; mon âme n’est ni en automobile, ni en chemin de fer, elle reprend son habituelle forme, elle se reprend, mortellement pauvre,
comme un lac reprend sa tranquillité.
La tranquillité est tout un paysage.
Qui donc a cru que le monde est matériel ? La matière est l’excroissance de l’amour. Hésiode a dit : “Au commencement étaient le chaos et l’amour.”
Les feuilles poussent toutes ciselées, complètes comme Minerve sortant de la tête de Jupiter.
La fleur est la poésie du désir, ces désirs sont toute la forêt qui s’élance.
Ces arbres dans la montée sont ronds comme des…

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A walk on the moors

Late August views from a Lancashire hill, which last April was resounding with the skylarks' song.           The heather was much more purple than can be seen on these pictures, but nonetheless fading.    

Swallowfield

J'ai décidé de poster ici ce début de roman qui ne convient pas. Façon de ne pas être tentée d'y revenir, tiraillée par quelques images que j'ai aimé écrire et auxquelles j'ai du mal à renoncer. Adieu petite tentative, tu trouveras peut-être ici quelques lecteurs.     Saisi, Denis pose pied à terre à l’entrée du … Continue reading Swallowfield

Ton pays

J'ai vu ton pays de fièvres basaltiques Suspendu aux ailes d'un archange D'un même élan Les humeurs de la Terre faites sanctuaire Toitures accotant de l'épaule les cloches Sous le pont le courant sur le fleuve la pierre Aérienne - Et toi le long de l'eau Arpentant au matin les rives du sommeil J'ai reconnu … Continue reading Ton pays

Calligraphie

* A Koshu Novembre grisonnait embué Et l’automne ployait Trop tendre tôt dissout Droits comme midi se dressaient Ton corps et ton pinceau (Quant à l’autre bras de la croix C’était l’encre allongée dans sa pierre) Tu ne dis que ceci : La ligne révèle qui nous sommes. Traçons-la Comme le sabre son destin Plus … Continue reading Calligraphie

Ajourée

C’est vrai. Quand je suis allée chez le perceur, c’était pour l'aiguille. Au fond, peu m’importait d’en arborer ensuite le résultat, la preuve, ce bourrelet presqu’imperceptible, et encore moins l’anneau, le clou, la pierre, le talisman, minérales déclinaisons de l’étiquette à l’oreille. Plus exactement, la preuve importait moins que le souvenir, la persistance bientôt rêvée … Continue reading Ajourée

En songe

A Jehanne * l’arbre de la foi ? je suis couchée dessous le ciel se ceint de feuilles cela suffit peut-être doucement y bourgeonnent les ailes des anges leur voix de plumes ce long silence d’en-deçà de la racine obscur et étranger plus encor que la chair par-delà la feuillée le ciel joue à plier … Continue reading En songe

Amont

* plongeons mes tempes vibrent tu me fais remonter la rivière en nous l’embouchure impatiente là-haut la marche-frontière et la source, peut-être, voilée de voix brune déjouant les méandres au zénith des roseaux un oiseau tient amont jusqu'à ce que penche le ciel et parfois au-delà *